Webinaire Afes 12/12/19 de C. Ducommun : hydromorphie des sols

Le jeudi 12 décembre 2019 de 16h à 17h30


Christophe Ducommun, UR EPHOR, Agrocampus Ouest Centre d’Angers

 

Vers une harmonisation de la caractérisation de l’hydromorphie des sols en contexte règlementaire.

 

Le 24 juin 2008 l’hydromorphie des sols est devenue un indicateur réglementaire d’identification et de spatialisation des zones humides françaises métropolitaines. Cette officialisation est un témoignage de l’importance des sols pour notre société.

 

Un recul de plus de 10 années sur cette thématique montre que dans des situations particulières, certaines formes d’hydromorphie sont difficiles à identifier. Par exemple, ambiance chimique, travail du sol, position topographique, caractères et degré d’évolution du sol, nature lithologique, circulation de la nappe, etc., sont autant des facteurs qui orientent l’hydromorphie vers des morphologies particulières et peuvent perturber la lecture de l’observateur et altérer le diagnostic attendu. L’exercice est d’autant plus délicat qu’il est borné par les limites du contexte réglementaire.

 

Ce webinaire propose un état des lieux concernant les trois types d’hydromorphie reconnus par l’arrêté ministériel : rédoxique, réductique, histique. L’accent est mis sur le rôle du couple « processus des situations d’engorgement prolongé » et « contextes environnementaux », dans la variabilité des « morphologies hydromorphes ».

 

Lien pour s’inscrire au webinaire : https://attendee.gotowebinar.com/register/6401339506723233549

Webinaire Afes 17/10/19 de B. Lemercier : cartographie numérique des sols

Le jeudi 17 octobre 2019 de 16h à 17h30


Blandine Lemercier, UMR SAS, Agrocampus Ouest et INRA Rennes

 

La cartographie numérique des sols à base de modélisation statistique. Bilan et perspectives en France.

 

La cartographie des sols a connu une évolution majeure au cours des deux dernières décennies, avec le développement des techniques de cartographie numérique des sols (digital soil mapping en anglais) permis à la fois par la mise à disposition de données exhaustives sur l’environnement et par les progrès techniques. Il s’agit de prédire un type de sol ou une propriété pédologique en tout point de l’espace et l’incertitude associée à partir de relations statistiques entre la variable à prédire et des facteurs environnementaux explicatifs. Des initiatives mondiales telles que GlobalSoilMaps et SoilGrids, mais aussi des applications nationales et plus locales, permettent de disposer de cartes des sols d’un nouveau genre, dont la qualité reste cependant souvent à démontrer. Ces techniques récentes ouvrent de grandes perspectives de production d’information sol adaptée aux besoins de utilisateurs, mais restent tributaires de données sol de qualité pour calibrer / valider les modèles.

 

Lien pour s’inscrire au webinaire : https://attendee.gotowebinar.com/register/4254562841947877377

EEA publication on land and soil in Europe

Une publication sur les sols de l’Agence européenne de l’environnement vient de paraitre :

EEA Signals 2019 on: ‘Land and soil in EuropeWhy we need to use these vital and finite resources sustainably’
This Signals looks at a series of issues linked to land and soil, including links to climate change, agriculture, soil biodiversity, contamination and governance, and stresses why we need to manage them sustainably.
The press release and the 2019 edition are now available for your information.

L’importance des sols dans la lutte contre le changement climatique

Les terres nourricières sont soumises à la double pression de l’activité humaine et du changement climatique. Dégradation, désertification, insécurité alimentaire… Le GIEC en appelle à une gestion durable des sols.

Le GIEC a officiellement présenté le 8 août dernier son rapport spécial relatif au changement climatique et aux terres émergées. Cet examen, complet, porte précisément sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.Nul doute que ce rapport contribuera à nourrir les réflexions lors de la COP 25 de la CCNUCC qui aura lieu en décembre à Santiago, au Chili.

Hommes, terres et climat dans un monde qui se réchauffe
L’activité humaine affecte directement plus de 70 % de la surface terrestre libre de glace de la planète. Et ce alors que la terre fournit la base principale des moyens de subsistance humaine, y compris l’approvisionnement en nourriture, en eau douce et en de multiples autres services des écosystèmes, ainsi que la biodiversité.
Depuis la période préindustrielle, la température de l’air à la surface de la terre a augmenté presque deux fois plus que la température moyenne mondiale. Les changements climatiques, y compris l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des extrêmes, ont eu un impact négatif sur la sécurité alimentaire et les écosystèmes terrestres et ont contribué à la désertification et à la dégradation des terres dans de nombreuses régions.
Pour autant, les terres doivent rester productives pour maintenir la sécurité alimentaire en dépit de la croissance démographique et des effets néfastes du changement climatique sur la végétation qui ne cessent de croître. La marge de manœuvre est donc limitée pour tirer intelligemment parti des terres émergées afin de faire face.

Désertification, dégradations…
Le rapport prévient : la dégradation des terres résulte d’une chaîne complexe de causes rendant difficile la distinction claire entre les facteurs directs et indirects. Il liste toutefois de manière précise 44 processus de dégradation des terres et leurs liens avec le changement climatique.
Un sol dégradé est moins productif, car il est plus difficilement cultivable et perd de sa capacité à absorber le carbone. Et c’est un cercle vicieux puisque ce phénomène exacerbe le changement climatique, lequel exacerbe encore la dégradation des sols à de nombreux égards.
L’agriculture, la foresterie et d’autres types d’utilisation des terres représentent 23% de nos émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement, les processus terrestres naturels absorbent une quantité de CO2 équivalant presque au tiers des émissions dues aux combustibles fossiles et à l’industrie.
Une gestion durable des terres, y compris la gestion durable des forêts, pourrait prévenir et réduire la dégradation des terres, maintenir la productivité des terres et parfois inverser les effets néfastes du changement climatique sur la dégradation des terres. Il faut entendre par « gestion durable des terres » l’intendance et l’utilisation des ressources terrestres, y compris les sols, l’eau, les animaux et les plantes, pour répondre aux besoins humains changeants, tout en assurant le potentiel productif à long terme de ces ressources et le maintien de leurs fonctions environnementales.Parmi les exemples d’options, on peut notamment citer l’agroécologie (y compris l’agroforesterie), les pratiques agricoles et forestières de conservation, la diversité des espèces végétales et forestières, les rotations appropriées des cultures et des forêts, l’agriculture biologique, la lutte intégrée contre les parasites, la conservation des pollinisateurs, la collecte des eaux de pluie, la gestion des parcours et pâturages, les systèmes agricoles de précision.
Ajoutons à cela qu’environ 500 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des zones touchées par la désertification.Or, éviter, réduire et inverser la désertification permettrait d’améliorer la fertilité des sols, d’accroître le stockage du carbone dans les sols et la biomasse, tout en favorisant la productivité agricole et la sécurité alimentaire.
Prévenir la désertification plutôt que de tenter de restaurer les terres dégradées reste préférable, en raison des risques résiduels et des résultats inadaptés potentiels.

Des impacts en matière de sécurité alimentaire
Le rapport fait également ressortir que le changement climatique a une incidence sur les quatre piliers de la sécurité alimentaire : la disponibilité (rendement et production), l’accès (prix et capacité d’obtenir de la nourriture), l’utilisation (nutrition et possibilité de cuisiner) et la stabilité (irrégularité de la disponibilité).
Des effets qui seront nettement plus accentués dans les pays à faible revenu d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes.
Pour les auteurs du rapport, des options d’intervention dans l’ensemble du système alimentaire, de la production à la consommation, y compris les pertes et les déchets alimentaires, peuvent être déployées et mises à l’échelle pour favoriser l’adaptation et l’atténuation.
Certains choix alimentaires impactent moins les terres et la ressource en eau et causent moins d’émissions de gaz à effet de serre que d’autres. « Les régimes alimentaires équilibrés riches en aliments d’origine végétale tels que les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et les légumes, et les aliments d’origine animale produits de façon durable dans des systèmes à faibles émissions de gaz à effet de serre offrent de bonnes possibilités d’adaptation aux changements climatiques et de limitation de ces changements », selon Debra Roberts, coprésidente du Groupe de travail II du GIEC.
Il pourrait également être envisagé une diversification des cultures afin d’être plus résilient face aux variations climatiques.

Quelles politiques ?
Le GIEC livre plusieurs clefs au niveau des politiques à mener. Une mobilisation générale pour la durabilité, associée à des mesures immédiates, offrirait les meilleures chances de faire face au changement climatique. Parmi les conditions à remplir : une faible croissance démographique, une réduction des inégalités, une meilleure nutrition et une diminution du gaspillage alimentaire.
Des politiques climatiques et foncières qui se soutiennent mutuellement auraient le potentiel d’économiser les ressources, d’amplifier la résilience sociale, de soutenir la restauration écologique et de favoriser l’engagement et la collaboration entre de multiples intervenants Les politiques s’appliquant à l’ensemble du système alimentaire, y compris celles qui réduisent les pertes et les déchets alimentaires et influencent les choix alimentaires, permettraient une gestion plus durable de l’utilisation des sols, une sécurité alimentaire accrue et des trajectoires à faibles émissions.
L’efficacité de la prise de décision et de la gouvernance serait renforcée par la participation des parties prenantes locales (en particulier celles qui sont les plus vulnérables au changement climatique, notamment les populations autochtones et les communautés locales, les femmes, les pauvres et les marginalisés) au choix, à l’évaluation, à la mise en œuvre et au suivi des instruments politiques d’adaptation au changement climatique.

A lire sur :
https://environnement.actuel-hse.fr/

Dégradation des sols : les Etats adoptent l’objectif de neutralité d’ici 2030

Faire de l’atteinte de la neutralité en matière de dégradation des sols d’ici 2030 un objectif national. Telle est la décision sur laquelle se sont accordés les États parties à la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), réunis du 2 au 13 septembre à News Delhi (Inde) dans le cadre de leur 14e conférence (COP14).

Cet objectif constitue l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD) définis par les Etats membres de l’ONU en 2015 et constituant l’Agenda 2030. La neutralité en matière de dégradation des sols vise à enrayer la perte continue de terres saines, explique la délégation française au développement durable. « L’intention est de contrebalancer les pertes par des gains afin de parvenir à une situation où les terres saines et productives ne subissent plus aucune perte nette », ajoute-t-elle. Cet objectif doit permettre d’accroître la sécurité alimentaire en préservant et restaurant les services rendus par les écosystèmes, expliquent aussi les Nations unies.

« Les pays s’attaqueront à l’insécurité foncière, y compris l’inégalité des sexes, encourageront la restauration des terres afin de réduire les émissions de carbone liées à la terre et mobiliseront des sources de financement innovantes auprès de sources publiques et privées pour appuyer la mise en œuvre de ces décisions au niveau national », ont expliqué Prakash Javadekar, président de la COP 14, et Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de l’UNCCD. Les parties ont également adopté une décision visant à renforcer les efforts pour mieux gérer les risques de sécheresse et renforcer la résilience.

La convention sur la désertification est l’une des trois conventions, avec celle sur le changement climatique (Cnucc) et celle sur la diversité biologique (CDB), issues de la conférence de Rio de 1992. Les 197 parties à cette convention ont pour objectif de maintenir et de restaurer la productivité des sols des zones arides et d’atténuer les effets de la sécheresse. Avec le temps, les objectifs des trois conventions se révèlent de plus en plus proches les uns des autres. « La restauration des terres à grande échelle est l’une des solutions la moins coûteuse pour faire face aux crises mondiales de perte de biodiversité et de climat », a insisté Ibrahim Thiaw en vue du Sommet sur le climat qui doit se tenir le 23 septembre prochain à New-York.

Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 46 (septembre 2019)

Le Mensuel

N°46 / Septembre 2019

A LA UNE

Construire le sens du progrès

Nul ne peut nier que notre époque efface petit à petit la notion de progrès. Marquées par des discours apocalyptiques quant au futur, nos sociétés se réfugient dans le présentisme, et dans l’immédiateté que l’innovation technologique, notamment numérique, encourage de plus en plus. Qu’il s’agisse de climat, de biodiversité, d’énergie, d’alimentation, ou encore de santé, le progrès n’est plus porteur de l’accomplissement d’une promesse portée collectivement, mais d’une catastrophe à laquelle il devient urgent d’échapper. Passé et futur cèdent le pas au présent.

Beaucoup des raisonnements tenus s’ancrent désormais dans le relativisme ou donnent priorité aux émotions, aux affects, cantonnant la rationalité dans un espace rétrograde. Nous savons aussi qu’une méfiance s’est installée à l’égard des discours d’autorité politiques et institutionnels. Les médias, « le quatrième pouvoir », ne sont pas en reste. Nos concitoyens leur accordent peu de crédit pour lutter contre les fake news et privilégient l’information portée par des proches, comme sur les réseaux sociaux. Proximité et immédiateté déterminent la nouvelle confiance.

Or la démarche scientifique est, par définition, une démarche de progrès et souvent de long terme. Dans sa volonté d’approcher le réel, elle s’ancre dans l’histoire et se projette vers un avenir en perpétuel mouvement. Pour son malheur, elle est souvent contre-intuitive et difficile à comprendre sans oublier le fait que toute communication sur la science est très vite dépassée. Autant de difficultés qui nécessitent le recours à une excellente information et vulgarisation.

C’est un enjeu pour l’Académie d’agriculture de France qui publie de nouveaux ouvrages, une encyclopédie en ligne, met en place des séances publiques de plus en plus suivies, a créé un prix de l’information journalistique vers le grand public et communique avec succès sur les réseaux sociaux.

Insistons sur la difficulté majeure de la communication des sciences : celle de son statut. La vérité scientifique ne découle pas d’un consensus social. La convocation des sciences dans l’espace public lors des débats implique un tout autre régime de discours que le discours scientifique. Les sciences via l’expertise rentrent alors en politique, c’est-à-dire dans des rapports de force dont l’objectif n’est plus celui de la vérité mais celui de la justice. Le droit qui en est le bras exécutif en est venu à se prononcer sur la définition de la science dans certains procès célèbres liés au créationnisme.

Face à cette complexité et à cette défiance, l’Académie qui regroupe en son sein des scientifiques et des experts de toutes disciplines, des acteurs agricoles, économiques, politiques, des médias, entend associer plus étroitement les acteurs de la société civile à ses travaux. C’est un lieu où se croisent les cultures. Apportant sa capacité interdisciplinaire, son expérience des situations et en toute transparence sur les engagements des uns et des autres, elle souhaite contribuer à l’analyse des termes des débats et relever le défi de la confiance. « Construire ensemble le sens du progrès » devient chaque jour plus pressant et pourrait devenir la devise de l’Académie.

Marie-Françoise Chevallier- Le Guyader, membre de l’Académie d’agriculture de France

L’INFORMATION DU MOIS

Le droit à l’alimentation

« Le droit à l’alimentation » a une existence juridique parmi les droits humains. C’est essentiellement au plan international que plusieurs textes mentionnent ce droit, et donnent aux Etats la responsabilité de le mettre en œuvre sur leur territoire.

Au plan européen, il n’y a pas d’autre texte contraignant qu’un règlement de 2014 relatif au « Fonds d’aide aux plus démunis ». Ce texte n’encadre pas explicitement le droit à l’alimentation, mais il le met en œuvre par l’organisation d’un système européen d’aide alimentaire. Ce système est relayé et appliqué en France par l’intermédiaire d’associations agréées. Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l’Homme vise ce droit dans certaines décisions, notamment à l’égard des personnes emprisonnées.

Quant au contenu de ce droit, l’ONU (Comité des droits économiques, sociaux et culturels, 1999) y voit : « la disponibilité d’une nourriture exempte de substances nocives et acceptable dans une culture déterminée, en quantité suffisante, et d’une qualité propre à satisfaire les besoins alimentaires de l’individu » et « l’accessibilité ou possibilité d’obtenir cette nourriture d’une manière durable et qui n’entrave pas la jouissance des autres droits de l’homme ». C’est une définition parmi d’autres.

Il s’agit donc d’un droit qui s’exprime différemment dans chaque Etat, mais au sein d’un cadre international commun. Dans bien des pays, l’État en délègue la mise en œuvre à des associations habilitées à distribuer une aide alimentaire.

Le droit à l’alimentation est pour cette raison le plus souvent présenté par référence à l’aide alimentaire. En réalité, il a une portée plus grande, englobant bien sûr un état général de « sécurité alimentaire » pour chaque personne, mais aussi les questions qui touchent aussi bien les besoins spécifiques des enfants que l’allaitement maternel, la disponibilité d’une alimentation adaptée à chaque religion (cantines, prisons…) ou encore le pouvoir de nourrir une personne contre son gré (grève de la faim, par exemple) ».

François Collart Dutilleul, membre de l’Académie d’agriculture de France

Un colloque sur « Le droit à l’alimentation pour tous – Où en sommes-nous ? » aura lieu le 10 octobre 2019. Il est organisé par l’Académie d’agriculture de France en partenariat avec le Conseil National de l’Alimentation > En savoir plus

RETOUR SUR LES PRÉCÉDENTES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Impact de l’environnement sur le développement des allergies alimentaires

5 juin 2019

Trois familles d’allergènes (lait, fruits à coques et légumineuses) sont responsables de plus de 70% des allergies alimentaires chez l’enfant et sept familles d’allergènes de la moitié des allergies alimentaires chez l’adulte. Les allergènes sont le plus souvent des protéines. Les homologies de structure pouvant exister entre les familles de protéines présentes dans les aliments d’origine végétale et dans les pollens expliquent les allergies croisées entre aliments et pollens.

Cette séance académique a permis d’illustrer la complexité des mécanismes de l’allergie alimentaire et la multiplicité des facteurs qui interagissent pour en accélérer le développement. Une présentation a confirmé que les modifications de l’environnement (pollutions, changement climatique…) concourent à une augmentation des risques allergiques.

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La crise du climat, le GIEC et les agriculteurs

12 juin 2019

Les observations actuelles sur le changement climatique montrent que le réchauffement est plus rapide au-dessus des continents et varie de façon très inégale selon les régions du monde et les saisons.

Mais les études sont insuffisantes pour comprendre les raisons et les conséquences des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents. Pour l’agriculture, les données manquent pour de nombreuses cultures et sur les risques liés à différents stress biotiques : maladies, ravageurs, parasites…

Il apparaît nécessaire d’évaluer les impacts du changement climatique sur tous nos territoires.

Cela permettrait à chacun de s’approprier des solutions et de définir les rôles des acteurs locaux et des collectivités territoriales.

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Systèmes de production de volailles, un nouvel envol

19 juin 2019

La volaille est devenue la première protéine animale consommée dans le monde. En effet, le coût de revient de cette production a diminué constamment depuis 30 ans. Mais cette filière mondialisée se heurte à des difficultés importantes : risques liés à la concentration des entreprises de sélection, dégradation de la qualité des viandes, développement des pathologies, dénonciation des systèmes intensifs de production.

Si la France a développé des productions de volailles de qualité (Label rouge, bio…), elle a perdu en grande partie sa capacité d’exportation par manque de compétitivité et importe aujourd’hui 40% de sa consommation de poulet. La reconquête des volumes importés est un enjeu majeur pour notre agriculture et les décisions politiques sont primordiales dans ce domaine.

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LES PROCHAINES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Les séances hebdomadaires (#seanceshebdos) de l’Académie d’agriculture de France se tiennent chaque mercredi de 14h30 à 17h00 (sauf en périodes de vacances scolaires).

Elles sont gratuites et accessibles à toutes et tous. 

Ce sont des moments « d’échanges privilégiés » avec des experts de renom sur les sujets traités.  

L’agenda complet de ces #seanceshebdos est disponible > En cliquant ici 

Voici la présentation de quelques-unes de ces futures séances :

Sciences participatives pour la forêt

2 octobre 2019

Les méthodes des « Sciences participatives » sont de plus en plus utilisées et les pouvoirs publics leur accordent un intérêt croissant. En effet, elles permettent de recueillir de nombreuses données dans l’espace et dans le temps, de façon fiable et économique. Elles rapprochent le citoyen du scientifique par le partage des objectifs, des méthodes, des connaissances et des résultats.

Cette séance académique proposera une réflexion globale sur le développement des sciences participatives dans le domaine forestier. Elle s’appuiera sur des illustrations d’interactions entre société civile (citoyens, associations) et recherche (chercheurs, organismes), tout au long du cycle de vie d’un projet.

> En savoir plus sur cette #seancehebdo et y venir

L’ouverture internationale de l’Académie d’agriculture : illustrations pluri-continentales

9 octobre 2019

Cette séance est organisée par le groupe de travail de l’Académie sur l’international. Quatre exemples de coopération seront présentés :

  • Les biotechnologies mises en œuvre pour valoriser et préserver la biodiversité au Costa Rica,
  • Les enjeux, défis et perspectives de l’aviculture en Côte d’Ivoire,
  • Nourrir les villes : une étude comparative franco – vietnamienne,
  • Le droit en matière de sécurité alimentaire : petites histoires de la coopération franco-québécoise.

> En savoir plus sur cette #seancehebdo et y venir

Les productions ornementales pourront-elles se passer des réducteurs de croissance ?

16 octobre 2019

La réduction des intrants en productions ornementales (plantes en pots vertes et fleuries, plantes à massifs, fleurs coupées, pépinières…) est une préoccupation déjà ancienne des horticulteurs. Dans ces cultures majoritairement hors sol et sous abris, la protection intégrée est utilisée depuis longtemps, de même que le recyclage des solutions nutritives ou la récupération des eaux de pluies.

Cependant, des produits nanifiants, appelés réducteurs de croissance, sont encore d’utilisation courante. Leur suppression est la question centrale de cette séance académique.

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Cycle global du carbone, contributions du système terrestre

6 novembre 2019

Le cycle global du carbone est l’ensemble des mécanismes planétaires qui régulent la teneur en CO2 de l’atmosphère. L’augmentation de cette teneur, cause du changement climatique, est principalement liée à l’utilisation de carbone fossile pour produire de l’énergie.

Aujourd’hui, l’ensemble des écosystèmes terrestres absorbent environ 30% des émissions de CO2 fossile. L’accord de Paris sur le climat vise un réchauffement inférieur à 2°C. Les émissions nettes de CO2 doivent donc être réduites de façon très importante.

Ainsi, cette séance abordera plusieurs scénarios économiques pour améliorer les réductions d’émissions. Il s’agit soit de produire de la biomasse énergie, soit d’augmenter la séquestration du carbone dans la biomasse et les sols.

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LES AUTRES INITIATIVES DE L’ACADÉMIE

Deux journées bien remplies à la foire de Châlons-en Champagne (Marne)

02 et 03 septembre 2019

Durant ces deux journées :

• Constant Lecoeur, Secrétaire perpétuel et Michel Morel, membre de le Section « Agrofournitures », assistés de Philippe Kim-Bonbled, délégué à la communication de la Compagnie, ont tenu un stand dans l’espace « lebuzz by pavillon du futur » sur la foire.

• Le Trophée Dellenbach de l’Académie a été remis à un cadre de la société Carbon Bee par le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation en personne, qui lui s’est fait offrir à cette occasion, par Constant Lecoeur, « Le grand livre de notre alimentation » écrit par 25 Académiciens.

> Revivre ces deux journées en photographies

Visites découvertes de l’Académie d’agriculture de France

21 et 22 septembre 2019

Dans le cadre des journées européennes du patrimoine, l’Académie d’agriculture de France ouvre ses portes les 21 et 22 septembre 2019, pour la troisième année consécutive.

Les participants découvriront les lieux, les missions et activités de l’Académie, son passé historique, ses hommes célèbres, sa bibliothèque, son fonds documentaire et ses livres rares.

Des animations théâtralisées permettront d’aller « à la rencontre d’Olivier de Serres, agronome et visionnaire du XVIe siècle » et de connaître ses travaux sur la soie et ses méthodes de production toujours d’actualité.

INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES.

> En savoir plus sur ces visites et y venir

LES INITIATIVES DES PARTENAIRES DE L’ACADÉMIE

Érosion de la biodiversité : vrai ou faux

Réunion tenue le 6 juin 2019 de 8h30 à 10h00 – Paris 1er

Les représentants de 131 Etats se sont réunis à Paris du 29 avril au 4 mai 2019 sur le thème de la biodiversité. En effet, la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques (IPBES) a constaté une érosion inquiétante de la biodiversité dans de nombreuses régions du monde. Cette érosion concerne de très nombreuses espèces. En France métropolitaine, 14% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux nicheurs, 22% des poissons et 28% des crustacés d’eau douce sont menacés.

Comment préserver cette biodiversité ? Quel est le rôle de l’activité agricole dans cette biodiversité ?

Lors d’un petit déjeuner organisé le 6 juin 2019 par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture de France (4AF), André Fougeroux, membre de l’académie, a dressé un état des lieux documenté devant des participants nombreux et très attentifs.

Il a énuméré les multiples raisons de la régression de la biodiversité, en prenant pour exemple les modifications dans l’espace agricole : réorganisation des parcelles (remembrement), diminution des surfaces de prairies et de cultures fourragères (luzerne, trèfle violet…), augmentation des terres labourables, simplification des assolements, régression des zones humides, disparition des haies et des arbres isolés…

Mais l’agriculture peut également enrichir la biodiversité : biodiversité biologique des sols (avec les assolements et rotations, jachères, inter-cultures, engrais verts…), diversité botanique (en bords de champs, chemins, haies, bois, talus, clôtures…), diversité de la microfaune (par des zones fleuries, zones de nidifications, corridors…), diversité de la macrofaune (zones refuges, espèces protégées…).

André Fougeroux a rappelé sous forme d’exemples, que l’érosion de la biodiversité est réversible. Elle nécessite de bonnes pratiques agricoles et agroécologiques, une planification paysagère multifonctionnelle (pour la sécurité alimentaire, le maintien des espèces et les fonctions écologiques) et un engagement fort et généralisé de tous les acteurs : producteurs, services publics, société civile, consommateurs…

Comme pour la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité passe par le développement durable auquel chacun peut contribuer.

> En savoir plus (4AF – onglet actualités)

Le « tout bio » est-il possible ?

8 octobre 2019 de 8h30 à 10h à l’Académie d’agriculture

Le « tout bio » est-il possible ? A cette question récurrente, les réponses divergent. Pour éviter toute utopie, il est essentiel d’être rigoureux et factuel. Ce thème a déjà fait l’objet d’un ouvrage collectif auquel une douzaine de membres de l’Académie d’agriculture avaient participé.

Les auteurs soulignaient l’apport de l’agriculture biologique à la durabilité de l’agriculture et à la qualité de l’environnement. Toutefois les rendements généralement plus faibles en agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle interrogent sur la capacité du « tout bio » à répondre aux défis alimentaires d’une population mondiale croissante.

Bernard Le Buanec, qui avait coordonné cet ouvrage, interviendra lors de ce prochain petit déjeuner organisé par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture de France (4AF). C’est l’occasion pour chacun de nous de faire le point sur la place de l’agriculture biologique qui est en constante évolution.

> En savoir plus (4AF – onglet actualités)

ANALYSES DE THÈSES ET COMMUNICATIONS DE RECHERCHE DE JEUNES CHERCHEURS

Vous venez de passer votre thèse, manifestez-vous ! Vous pourrez alors candidater pour une médaille d’argent. Contactez, pour ce faire : Anne-Marie Hattenberger (am.hattenberger.alfort@wanadoo.fr)

> En savoir plus sur les thèses

Vous voulez écrire une communication de recherche si vos travaux présentent des résultats innovants et originaux. Vous trouverez les instructions rédactionnelles à respecter sur le site Internet de l’Académie.

> En savoir plus sur les communications de recherche

 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES AVIS, RAPPORTS, POINTS DE VUE D’ACADÉMICIENS ET NOTES ACADÉMIQUES 

Les Avis, Rapports, Points de vue d’Académiciens et Notes académiques sont les synthèses de travaux collectifs de groupes de travail issus de l’Académie d’agriculture de France ou communs à plusieurs Académies

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici , pour les Avis > En cliquant ici , pour les Points de vue d’Académiciens et En cliquant ici , pour les Notes académiques

L’élevage européen peut-il se passer du soja américain ?

La dépendance de l’élevage européen au soja américain résulte d’un ancien accord entre l’Europe et les Etats-Unis leur donnant accès au marché européen des protéines végétales, en quantité non limitée et sans taxe.

Ni l’embargo des Etats-Unis sur le soja en 1973, ni les multiples « plans Protéines » européens depuis 40 ans n’ont permis de corriger cette dépendance.

Aujourd’hui, la question de l’importation de soja en France et en Europe, revient en force dans l’actualité. En effet, la guerre commerciale USA-Chine a réduit les exportations de soja américain qui se sont davantage orientées vers l’Europe. Mais en moins de 20 ans, l’essentiel de la production de soja américain est OGM. Parallèlement, une majorité de consommateurs européens est opposée aux aliments OGM, et les filières d’élevage non OGM se développent rapidement.

Enfin, le soutien des présidents Bolsonaro et Trump à l’agro-export aux dépens de la forêt amazonienne et du climat choque les opinions publiques dont les attentes sociétales vis-à-vis de l’alimentation et de l’environnement sont de plus en plus affirmées.

Six membres de l’Académie d’agriculture viennent donc de s’exprimer sur notre dépendance actuelle et présentent des « propositions devant contribuer à ce que l’Union Européenne retrouve rapidement son autonomie ».

Une séance de l’Académie d’agriculture aura lieu le 1er avril 2020 pour présenter de façon détaillée l’état de cette dépendance, par pays et par filière, et ouvrir vers d’autres modèles d’élevage et d’alimentation.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES POTENTIELS DE LA SCIENCE POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

La rapidité des avancées scientifiques est actuellement considérable.

Ainsi, un groupe d’académiciens de différents horizons a pour mission d’étudier les nouvelles capacités de la science au profit de la production et de la qualité des produits, de leur conservation, mais aussi de la préservation de l’environnement.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES ARTICLES

Des articles portent sur des sujets très précis dans les domaines d’activités de l’Académie d’agriculture de France. Ils sont rédigés par des académiciens ou des personnalités externes présentées par un membre de la Compagnie.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques articles récents :

Le rôle de la science dans la transformation de notre agriculture

Gil Kressmann, économiste et membre de l’Académie d’agriculture de France a tenu le 14 juin 2019 à Agen une conférence sur le rôle de la science en agriculture.

En introduction, il a rappelé que les Français sont devenus l’un des peuples les plus pessimistes du monde. Ils sont en effet soumis en permanence à des informations catastrophiques sur la pollution, le nucléaire, le climat mais aussi sur les médicaments, les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules, les vaccins, les antennes relais, la dégradation de l’alimentation, de la biodiversité…

L’agriculture n’est pas épargnée avec la mise en cause des engrais « chimiques », des pesticides, de la sélection variétale, des méthodes d’élevage. Plus largement, la défiance des Français s’exprime envers les médias, les scientifiques et les experts, les industriels…

Gil Kressmann regrette que « les décisions de nos gouvernants se prennent plus souvent en fonction de l’état de l’opinion qu’en fonction d’une analyse scientifique qui compare les bénéfices et les risques de l’innovation ».

L’académicien va ensuite développer le rôle essentiel de la science dans nos agricultures pour nourrir les populations et répondre aux défis climatiques et environnementaux.

En conclusion, il milite pour une agriculture audacieuse dans ses transitions, mieux comprise, considérée et soutenue, et bénéficiant de nombreuses innovations. « Loin d’arrêter le progrès dans notre agriculture, il faut bien au contraire y favoriser l’émergence rapide des avancées technologiques en investissant dans la recherche et en redonnant des marges de manœuvre à nos chercheurs qu’ils soient de la recherche publique ou de la recherche privée ».

Par Gil Kressmann, Membre de l’Académie d’agriculture de France

Rapport spécial du GIEC sur les liens entre le changement climatique et les surfaces continentales

Le 8 août 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport spécial sur les liens entre le changement climatique et les surfaces continentales.

Nathalie de Noblet-Ducoudré, membre de l’Académie d’agriculture de France et sa collègue Valérie Masson-Delmotte de l’Institut Pierre Simon Laplace, institut de recherche en sciences de l’environnement, ont résumé ce rapport dans un article.

Elles rappellent tout d’abord l’urgence d’agir, sinon « nous prenons le risque de franchir des points de non-retour ».

Ce dernier rapport du GIEC montre que de nombreuses solutions sont identifiées pour la gestion des sols et en souligne des aspects positifs : « La plupart des options proposées ont des retombées positives et très peu de conséquences négatives. Ainsi, les efforts d’atténuation du changement climatique par le reforestation ou l’afforestation limitent également la dégradation des terres et favorisent le développement de la biodiversité. Ils ont aussi l’avantage de diminuer les températures au niveau régional pendant la saison de croissance et de réduire l’amplitude des extrêmes de chaleur en réponse à une augmentation de l’évapotranspiration ».

« Toutefois, plusieurs décennies sont nécessaires aux arbres et aux sols pour qu’ils soient des réserves de carbone efficaces. L’augmentation, avec le réchauffement climatique, de risques de dommages tels que les feux de forêt, les attaques parasitaires, les maladies, conduit à des relargages de carbone qui ralentissent l’efficacité du stockage ».

Les experts soulignent que les terres fertiles doivent être réservées prioritairement aux productions alimentaires.

En conclusion de leur article, les auteurs mettent en avant « qu’une meilleure gestion des terres jouera un rôle important dans la lutte contre le changement climatique, mais il met aussi très clairement en évidence que, sans une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs d’activité, nous ne parviendrons pas à maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C. La terre doit en effet rester productive pour maintenir la sécurité alimentaire ».

Par Nathalie de Noblet-Ducoudré, membre de l’Académie d’agriculture de France et Valérie Masson-Delmotte de l’Institut Pierre Simon Laplace, institut de recherche en sciences de l’environnement

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LA FORET ET LE BOIS EN FRANCE EN 100 QUESTIONS

L’encyclopédie « La forêt et le bois en 100 questions » est née du besoin d’une meilleure information sur la forêt française et ses enjeux. Il s’agit d’une publication collective, en 10 chapitres, sous forme de fiches, dont les rédacteurs sont des membres de l’Académie ou des experts extérieurs.

Vous trouverez l’intégralité de la publication > En cliquant ici

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES REPÈRES

Ce sont des fiches pédagogiques très synthétiques comprenant un graphique commenté qui apporte un éclairage novateur sur un sujet concernant l’agriculture.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES QUESTIONS SUR…

Ce sont des fiches de synthèse sur des questions d’intérêt général. Elles permettent d’appréhender simplement un sujet complexe ou peu connu.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

Voici, ci-après, la présentation du contenu d’une ou plusieurs fiches:

Aquaculture et pisciculture : quelles caractéristiques, quels enjeux ?

Avec 120 millions de tonnes, la viande de volaille passe en tête devant la viande porcine et devient la première viande consommée dans le monde. Les principales raisons sont les qualités nutritionnelles, l’absence d’interdit religieux et sa facilité de production dans les pays en développement.

Les échanges mondiaux concernent essentiellement des découpes de volailles standards et à ce niveau la compétitivité est déterminante : coûts du maïs, du soja, de la main d ‘œuvre…

Dans les pays développés, les attentes sociétales : bien-être animal, sans antibiotique, sans OGM… se traduisent par une segmentation des marchés. La France, avec plus de 15% de poulets Label Rouge et bio, demeure leader sur les productions de plein air.

Cette fiche a été rédigée par René Lésel, membre de l’Académie d’agriculture de France.

A NOTER AUSSI…

L’Académie d’agriculture vous propose sur son site Internet un calendrier de l’actualité de l’agriculture, de l’environnement et de l’alimentation. Ce calendrier est mis à jour avec les événements qui sont portés à la connaissance de l’Académie.

Vous trouverez ci-dessous quelques informations d’actualité :

  • Publication de l’étude « Stocker 4 pour 1000 de carbone dans les sols : le potentiel en France » – Inra – juin 2019

  • Rapport « Objectif Zéro artificialisation nette : quels leviers pour protéger les sols ? » – juillet 2019

  • Dans le cadre du plan Biodiversité, mise en place du groupe de travail partenarial pour lutter contre l’artificialisation des sols. L’enjeu est de « formuler un nouveau mode de développement soutenable pour habiter autrement nos territoires, en s’adaptant aux réalités et contextes locaux » – juillet 2019

  • « La nature sous pression – Pourquoi la biodiversité disparaît ? » titre du bilan 2019 de l’observatoire national de la biodiversité – juillet 2019

  • Parution de la lettre de veille du Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation – juillet 2019

  • Diffusion du rapport d’activité 2018 à la Chaire Aliment Nutriment Comportement Alimentaire – juillet 2019

  • Publication d’un dossier sur la « sécurité sanitaire des aliments : comprendre le dispositif de contrôle et de veille » – Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation – juillet 2019

  • Rapport sur la lutte contre le gaspillage alimentaire remis à l’Assemblée nationale – Juillet 2019

  • Publication du rapport d’activité 2018 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dont « l’un des enjeux essentiels est de conserver sa force de frappe scientifique, qui fait sa renommée et sa crédibilité » – juillet 2019

  • Parution du rapport d’activité 2018 du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) – juillet 2019

  • Parution du bilan d’activité 2015-2019 d’Agreenium, Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France – juillet 2019

  • Communiqué du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation concernant le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur la désertification et la dégradation des terres dans le monde – août 2019

  • Conférence sur l’amélioration de l’autonomie protéique des élevages de l’Ouest – présentation du programme de recherche et d’expérimentation de SOS PROTEIN – 11 septembre 2019 au Space de Rennes

  • Remise de prix de Graines d’agriculteurs 2019 – « Découvrez les talents qui lient agriculture et gastronomie » – 6 au 8 septembre 2019 au Puy-en-Velay

  • Les entretiens agronomiques du Pradel (Ardèche). Ils feront référence à l’œuvre d’Olivier de Serres (1539 – 1619) – du 23 au 25 septembre 2019

  • « Un jeu sérieux pour expliquer l’élevage ». Il s’agit d’un concours lancé par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Avenir Elevages auprès des élèves de l’enseignement agricole secondaire, public et privé – I inscriptions en septembre 2019

  • Séminaire « flux de matières premières en alimentation animale. Ce travail porté par le GIS Avenir Elevages doit servir aux objectifs d’autonomie alimentaire et protéique, à l’efficience et à la durabilité de l’alimentation animale – 8 octobre 2019 – INRA Paris

  • Session du diplôme universitaire « Droit de la vigne et du vin » à partir du 18 octobre 2019 – Nombre de places limité à 15 personnes – Paris

  • Rencontres « de la fertilisation azotée et de l’analyse » du Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée (Comifer) – 20 et 21 novembre 2019 – Dijon

  • Concours Make IT Agri ouvert aux étudiants des grandes écoles d’ingénieurs sur des projets pour une agriculture durable – date limite de dépôt des dossiers le 15 novembre 201

> En savoir plus sur ces informations

 LES OUVRAGES PROPOSÉS PAR L’ACADÉMIE

Vous avez apprécié un ouvrage. Pour qu’il puisse paraître dans ce chapitre, 
contactez : Christine Ledoux (
christine.ledoux@academie-agriculture.fr)

Les ouvrages présentés sur le site Internet de l’Académie d’agriculture de France ont été lus très attentivement par un Académicien. Vous disposez ainsi d’une analyse, qui vous permettra de mieux appréhender son contenu et connaître tout ce qu’il peut vous apporter.

> En savoir plus

Le Grand Livre de notre alimentation

La nature et la qualité de notre alimentation fait débat. Les médias s’en nourrissent avec l’animation des querelles et de controverses, mais aussi des émissions de conseil « pour bien manger ».

Au final, que penser des produits allégés, du gluten, des oméga 3, des surgelés, des OGM… ? Faut-il encore consommer du pain, de la viande, des poissons et fruits de mer ?

Face à toutes ces interrogations et inquiétudes, 25 experts de l’Académie d’agriculture de France ont composé « Le grand livre de notre alimentation ». Cet ouvrage, bien structuré, aborde de nombreux sujets en répondant à 100 questions courantes. Les auteurs nous invitent également à prendre du recul : « Nous pouvons manger du beurre, mais pas trop. Nous pouvons manger des frites, mais pas à tous les repas. Nous devons manger des légumes, mais sans excès. Privilégier un aliment, c’est déséquilibrer le régime, dont on n’oublie pas qu’il doit apporter à l’organisme tous les composés dont ce dernier a besoin : eau, protéines, graisses, sucres, vitamines, minéraux, oligoéléments et tout le reste, aux divers stades de la vie »

La fin de l’ouvrage est consacrée aux grandes questions pour l’avenir : Pourra-t-on nourrir 10 milliards d’êtres humains ? Comment éviter le gaspillage alimentaire ? Comment produire dans un contexte de crise liée aux énergies fossiles ? Les allergies alimentaires sont-elles en progression ?

Dans ce livre, les académiciens ont exclu toute idéologie, et présentent des faits, étayés par les publications scientifiques et technologiques les plus récentes.

> En savoir plus sur l’ouvrage

Piscicultures du monde – Aujourd’hui et demain

L’accroissement de la population mondiale pose des questions majeures concernant son alimentation. Aujourd’hui, la contribution de l’aquaculture à l’alimentation humaine dans le monde atteint celle de la pêche. La production mondiale de l’aquaculture devrait être de 110 millions de tonnes en 2025, alors qu’elle n’était que de 73 millions en 2014.

Un vrai challenge pour de nombreux pays qui pourraient ainsi réduire leur dépendance alimentaire.

Jérôme Lazard, membre de l’Académie d’agriculture de France, a une riche expérience qu’il partage dans son ouvrage. Il aborde des sujets essentiels : la maîtrise de l’alimentation des élevages, le développement d’une aquaculture durable, la gestion de la biodiversité des espèces. Il préconise de nouvelles approches dans la recherche d’espèces d’intérêt aquacole en utilisant les apports récents de la génétique moléculaire, de la génomique et de la bio-informatique.

Son ouvrage, riche et d’une grande clarté, est un document de référence pour tous les chercheurs et les acteurs de la pisciculture.

Une offre de souscription est proposée à un prix réduit jusqu’au 10 octobre 2019.

> En savoir plus sur l’ouvrage

> Lire l’analyse de l’ouvrage au sein de l’Académie

 EN DÉBAT…

Retour sur Cash Investigation « fruits et légumes »

Léon Guéguen, membre de l’Académie d’agriculture de France, étudie depuis des années l’évolution de la composition en minéraux, oligoéléments ou vitamines des fruits et légumes. Il avait déjà publié en mai 2017 dans la revue de l’Académie d’agriculture de France son étude sur l’évolution en 60 ans de la valeur nutritionnelle d’une série de légumes : poireau, laitue, chou vert, haricot vert, carotte, tomate, pomme de terre, haricot blanc sec.

A la suite de l’émission Cash Investigation parue sur France 2 le 18 juin 2019, il dénonce les méthodes de la réalisatrice de l’émission et les informations très orientées sur les fruits et légumes, qui, au fil du temps, auraient été « vidés d’une bonne partie de leurs nutriments ».

Léon Guéguen nous présente ainsi un récit édifiant sur des coulisses de l’émission… et nous rassure sur la qualité de nos fruits et légumes.

> Lire l’article

Le traitement de l’information scientifique dans les médias

En juillet 2019, un collectif de scientifiques, journalistes et citoyens ont lancé un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias. Cet appel a été lancé simultanément au Canada, en Suisse, en Belgique et en France.

En voici quelques extraits :

« A l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyens… ».

« Dans une démocratie, les journalistes portent une lourde responsabilité puisque, de la liberté dont ils disposent ainsi que de la qualité de l’information livrée, dépend la qualité du débat public et des choix qui en découlent. La méthode scientifique, de son côté, permet de produire des connaissances fiables pouvant servir de base de réflexion pour les politiques publiques portant sur des questions complexes telles que l’alimentation, la santé publique ou l’écologie. Il apparaît alors évident que la communauté scientifique et les journalistes doivent travailler la main dans la main… ».

Cet appel de 250 signataires autour du collectif NoFakeScience trouve un large écho. Fin août, il a déjà été repris par environ 5000 personnes, en particulier par des scientifiques, des chercheurs, des enseignants et étudiants, des ingénieurs, des médecins et des vulgarisateurs.

> Lire l’appel

Lancement de la campagne 2010-2020 de l’Évaluation des sites humides emblématiques français

                                                                                                                                   

Lancement en début de semaine de l’Évaluation nationale des sites humides emblématiques (campagne 2010-2020).

Portée par le Service de la donnée et des Études statistiques (SDES) et l’Agence française pour la biodiversité (AFB), cette 5ème enquête décennale vise à dresser l’état de 220 zones humides de métropole et d’outre-mer en sollicitant jusqu’au 31 octobre 2019 les acteurs locaux impliqués dans leur gestion opérationnelle et leur pilotage. Plus de 2 400 questionnaires en ligne ont été envoyés à plus de 1 000 référents des territoires de métropole et d’outre-mer.

La stratégie de mise en œuvre de cette enquête a été élaborée par un comité de pilotage que nous avons animé conjointement avec l’AFB et dont les membres sont issus de la « Réunion thématique Milieux humides » de l’Observatoire national de la biodiversité. Ce comité est composé de 20 membres représentant le ministère en charge de l’Environnement, l’AFB, des centres d’expertise (UMS-PatriNat, Tour du Valat), la fédération nationale des chasseurs et des associations (Ramsar France, LPO, ANEB, ANCGE).

En appréhendant leur situation au travers de 8 thématiques (activités humaines et leurs pressions, étendue et état des milieux humides présents sur le site, état des espèces communes et à forts enjeux, problématiques liées à l’hydrologie et l’hydraulique, problématiques liées à la faune et la flore envahissante, effets du changement climatique et impacts perçus ou potentiels ainsi que services rendus à la société), cette évaluation permettra également de donner une évolution tendancielle de la situation de ces espaces menacés.

Les résultats de cette enquête seront publiés durant le premier semestre 2020. Ils viendront, entre autre, nourrir les échanges des deux temps forts de 2020 (Convention internationale UICN à Marseille en juin 2020 et COP15 CDB en Chine).

Pour en savoir plus, consulter la page dédiée à cette enquête sur le site du SDES en cliquant ici

Giec: le réchauffement menace aussi le sol

Dans la synthèse qu’il publie, aujourd’hui, de son dernier rapport spécial, le Giec rappelle l’importance du sol pour notre environnement, notre mode de vie et notre capacité à stabiliser le réchauffement. Le détruire ou l’artificialiser, comme nous le faisons, c’est affaiblir les écosystèmes et leurs services, diminuer notre accès à l’eau, accroître notre insécurité alimentaire. Dans un contexte d’irrépressible réchauffement.

C’est à un socle méconnu de la vie auxquels se sont intéressés les spécialistes du climat. Dans son dernier rapport spécial, dont il publie aujourd’hui la synthèse, le Giec n’a pas ciblé son expertise sur les gaz à effet de serre (GES), les modèles mathématiques, les énergies renouvelables ou la géo-ingénierie, mais sur le sol.

Puits et source de carbone, l’écosystème terrestre est aussi le réservoir d’une grande partie de la biodiversité, le berceau de notre production alimentaire. Epuration et stockage d’eau, réceptacle de nombreuses ressources, il rend aussi de grands services à l’homme et à la nature.

Puits ou source de GES ?

A tort, l’humanité peine à considérer le sol comme un élément fondamental de sa survie. Sans sol, rappellent pourtant les auteurs du rapport spécial, point d’agriculture (4% du PIB mondial), pas de services environnementaux (estimés entre 10 et 25% du PIB mondial). En pleine accélération, la déforestation et le développement de l’agriculture font aussi des sols d’importants émetteurs de CO2, de méthane et de protoxyde d’azote : les trois principaux gaz à effet de serre. «Environ 22% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre sont issues de l’agriculture, de la foresterie et d’autres usages des terres», résument les auteurs.

Et cela pourrait s’amplifier. Car, nos activités affectent déjà plus de 70% des terres émergées libres de glace. Plus du quart de la production végétale planétaire est transformée en nourritures, en fibres et en énergie. Considérable !

Vitaux, les sols sont pourtant bien maltraités : près d’un quart des terres est dégradée par les activités humaines. Les zones côtières de basse altitude, les deltas des rivières (à la riche biodiversité !), les régions de permafrost figurent au rang des biotopes les plus menacés. Si rien ne change, nos civilisations détruiront deux fois plus de sol que la terre ne pourra en produire. Le jour du dépassement, grandeur nature !

Menaces sur les infrastructures …

A ces dégradations s’ajoutent les effets du réchauffement. Entre 1850 et 2018, la température moyenne a bondi de 1,5°C au dessus des continents. La montée du mercure a amplifié les conséquences de ce réchauffement: «les vagues de chaleur sont devenues plus fréquentes ou plus intenses […]». Sans changement drastique de nos pratiques, l’avenir s’annonce des plus sombre: «la fréquence et l’intensité des sécheresses devraient augmenter en Méditerranée, en Europe centrale, dans le sud de l’Amazonie et dans le sud de l’Afrique.» Chaleur intense et pluies plus rares mais plus torrentielles réduiront la production primaire mais accroîtront l’érosion. De quoi réduire la capacité des sols à absorber le CO2 atmosphérique et accessoirement à nourrir les cultures.

De quoi perturber la vie des populations. En faisant fondre le permafrost, le réchauffement risque de détruire les infrastructures des régions polaires: voies de chemin de fer, routes, pipelines, immeubles. Les prémisses de ces changements s’observent déjà en Sibérie.

Autres cieux, autres risques. Dans les régions arides, les changements climatiques vont réduire la productivité des cultures et de l’élevage, abraser la biodiversité. Sous un climat réchauffé de 2 °C, plus de 500 millions de terriens pourraient se retrouver confrontés au stress hydrique. Les migrations climatiques ne vont pas cesser de sitôt.

… et sur les cultures

Sous le soleil du satan carbonique, les grandes cultures, comme le riz, seront probablement moins productives, moins nutritives (déficit en protéines et en zinc). De quoi doper leur prix. De quoi aussi réduire la sécurité alimentaire de nombreuses régions du monde. A commencer par les pays arabes qui importent, en moyenne, plus de 40% de leur alimentation. Selon certaines évaluations, ce taux pourrait friser les 70% à l’horizon de 2050. Le climat deviendra de plus en plus aride en Asie du sud, orientale et centrale, en Afrique de l’ouest.

Les effets du réchauffement pourront être accrus ou minorés. Tout dépendra de «notre réaction». Si nous n’infléchissons pas les tendances actuelles, la population mondiale continuera d’augmenter rapidement, de même que ses revenus. Et conséquemment ses besoins en énergie, en logement, en infrastructure, en nourriture, en eau. De quoi diminuer un peu plus la quantité de sol disponible ; réduire la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable, accroitre les émissions de GES.

A contrario, une réduction drastique de la consommation de viande (très émettrice de GES et consommatrice de sols), une généralisation des techniques d’agroforesterie, une amélioration du stockage et des transports des denrées alimentaires pourraient inverser la vapeur carbonée. Et «accessoirement» émousser la lame du rabot de la biodiversité.

Lire l’article sur :
http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-rechauffement-menace-aussi-le-sol,98896

Lancement d’un observatoire national de l’artificialisation des sols

Dans la cadre du plan biodiversité, le Cerema, l’Irstea et l’IGN lancent
un observatoire de l’artificialisation des sols. L’objectif : « Une
meilleure compréhension du phénomène et une meilleure prise de
conscience de ses enjeux » en métropole et dans les outre-mer.

Cet outil permettra d’observer l’évolution de l’artificialisation des
sols, à l’échelle de chaque commune, et fournira des données comparables
à toutes les échelles territoriales. Ces données seront obtenues par
analyse d’images aériennes et satellitaires, renforcée par le croisement
de données multisources, indiquent les trois organismes. « L’objectif est
de parvenir à produire et à mettre à jour des éléments qualifiés
d’occupation du sol de la manière la plus automatisée possible,
notamment au moyen de technologies innovantes, telles que le deep
learning, une composante de l’intelligence artificielle ».

L’observatoire publiera régulièrement un état des lieux de la
consommation d’espace.

Lire l’article sur :
www.actu-environnement.com/ae/news/Observatoire-artificialisation-sols-33886.php4#xtor=EPR-1

Zéro artificialisation nette des sols : le gouvernement prépare sa feuille de route

La France s’est fixée l’objectif de zéro artificialisation nette des sols. France Stratégie vient de présenter ses pistes pour y parvenir. Son rapport servira au nouveau groupe de travail installé par le gouvernement pour élaborer sa feuille de route.

Le 25 juillet, les ministres de la Transition écologique, de l’Agriculture et de la Cohésion des territoires ont installé un groupe de travail partenarial, chargé d’identifier les « mesures opérationnelles » permettant d’atteindre l’objectif de « zéro artificialisation nette » des sols, inscrit dans le plan biodiversité. En juillet 2018, l’ex-ministre Nicolas Hulot présentait ce plan avec deux priorités : la lutte contre l’artificialisation des sols et les méfaits de l’agriculture intensive. La mesure phare du plan est un meilleur contrôle de l’aménagement du territoire et des opérations d’urbanisme pour lutter contre l’étalement urbain.

Préparer une feuille de route d’ici fin 2019

Un an après le lancement du plan, reste au gouvernement à déterminer à quelle date l’objectif du zéro artificialisation pourra être atteint et la trajectoire pour y parvenir. Le groupe de travail est mis en place pour évaluer les solutions. Il est composé des acteurs représentant la société civile, de parlementaires et d’associations d’élus, d’ONG et de représentants d’aménageurs pour « échanger sur les enjeux et construire la trajectoire nationale de la France vers l’objectif fixé », indiquent les ministères dans un communiqué commun.

Le groupe « poursuivra le travail de connaissance et d’observation du phénomène d’artificialisation pour parvenir à une trajectoire et des outils de mesure opérationnels ». Un observatoire national de l’artificialisation a été mis en ligne début juillet 2019. Le groupe « [associera] étroitement les territoires aux travaux et aux propositions », poursuivent les ministères.

Selon le plan biodiversité, le groupe de travail sera chargé de faire des propositions (instruments économiques, mesures règlementaires ou autres) « pour favoriser le recyclage urbain, mieux intégrer les enjeux de préservation des espaces naturels et agricoles dans les politiques et documents d’urbanisme ». Ce groupe « pourra examiner l’opportunité d’étendre l’approche « éviter, réduire, compenser » les impacts sur l’environnement à l’ensemble des projets d’aménagement commercial et logistique », précisait le plan.

Le groupe de travail se basera sur les recommandations formulées dans trois rapports, commandés par le gouvernement. Ces rapports ont été remis par le Comité pour l’économie verte (CEV), le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et par France Stratégie. Ces trois organismes « ont permis de dégager les axes de travail pour aboutir à la fin de l’année 2019 sur des propositions au gouvernement, complémentaires des actions déjà engagées », soulignent les ministères.

France Stratégie propose une trajectoire à horizon 2030

Dans son rapport publié le 23 juillet, France Stratégie a étudié trois scénarios, avec l’objectif de freiner l’artificialisation à horizon 2030. En moyenne, 20.000 hectares d’espaces naturels par an sont actuellement artificialisés en France, rappelle France Stratégie.

ais si aucune mesure n’est prise pour inverser la tendance, ce sont 280.000 hectares d’espaces naturels « supplémentaires qui seront artificialisés d’ici 2030 », prévient l’étude. Soit un peu plus que la superficie du Luxembourg pour comparaison. Ce premier scénario dit « tendanciel » est « catastrophique », alerte Julien Fosse, l’auteur principal du rapport.

Le deuxième scénario envisage une « densification forte » qui, en revanche, permettrait de diminuer la consommation d’espaces naturels à 5.500 hectares par an d’ici 2030. Cette réduction est due à l’augmentation du taux de renouvellement urbain (qui passerait de 0,43 à 0,6, selon les calculs de l’auteur), combinée à la hausse du taux de densité de l’habitat (de 0,16 à 0,4). »Ce résultat met en lumière la part non négligeable qu’une politique d’urbanisme favorisant le renouvellement et la densification de l’habitat pourrait jouer dans la lutte contre l’artificialisation », souligne M. Fosse.

Le troisième scénario « complémentaire » ajoute, au « durcissement » des règles d’urbanisme, un renchérissement des terres (avec un prix multiplié par 5), et une baisse des logements vacants (de 8 % à 6 %). Ce qui réduirait le nombre d’hectares artificialisés à 3.650 hectares par an d’ici 2030. Mais ce scénario nécessiterait des mesures « difficiles à mettre en oeuvre ».

Le « scénario « densification forte » paraît, en regard, bien plus accessible », conclut l’auteur. Atteindre le « zéro artificialisation nette » dès 2030 « appelle des mesures ambitieuses », ajoute-t-il. Au premier rang desquelles : modifier les règles d’urbanisme pour favoriser le renouvellement urbain et la densification de l’habitat, et « renaturer » les espaces artificialisés « laissés à l’abandon ». Ce qui nécessiterait de réduire de 70 % l’artificialisation brute et de renaturer 5.500 hectares de terres artificialisées par an à horizon 2030, estime France Stratégie.

Lire l’article sur :
https://www.actu-environnement.com/ae/news/zero-artificialisation-nette-sols-groupe-travail-rapport-france-strategie-feuille-route-etat-33857.php4#xtor=EPR-1

« Zéro artificialisation nette » : des pistes pour mieux protéger les sols

France Stratégie a publié ce 23 juillet un rapport que lui avait commandé le gouvernement, en quête de solutions permettant d’atteindre l’objectif de « zéro artificialisation nette des sols » inscrit dans le plan pour la biodiversité de 2018. L’organisme préconise en premier lieu de modifier les règles d’urbanisme pour favoriser le renouvellement urbain et la densification de l’habitat et de renaturer les espaces artificialisés laissés à l’abandon.

En moyenne, 20.000 hectares d’espaces naturels sont artificialisés en France chaque année, au profit de logements (41,9% des terres artificialisées), d’espaces de services et de loisirs (16,2%) ou encore d’infrastructures routières (27,8%). L’artificialisation des sols conduit à détruire la biodiversité et à augmenter les émissions de CO2, car les terres agricoles ou forestières en stockent davantage qu’un sol bitumé. Elle peut aussi générer des pollutions (métaux lourds, pollution de l’air liée aux transports…) et augmente les risques d’inondation en favorisant le ruissellement des eaux.
L’importance du phénomène a poussé le gouvernement à inscrire dans son plan biodiversité de 2018 un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN). Autrement dit limiter autant que possible la consommation de nouveaux espaces et, lorsque c’est impossible, « rendre à la nature » l’équivalent des superficies consommées. Mais dans le cadre du plan, aucun horizon, pas plus que de trajectoire, n’ont été fixés pour y parvenir. Le gouvernement a donc demandé à France Stratégie, qui dépend du Premier ministre, de l’aider à identifier les « leviers » permettant d’atteindre le « zéro artificialisation nette ». L’organisme a publié ce 23 juillet son rapport, qui a été remis aux ministres de la Transition écologique et solidaire, de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales et de la Ville et du Logement.

Lire la suite de l’article sur :
https://www.banquedesterritoires.fr/zero-artificialisation-nette-des-pistes-pour-mieux-proteger-les-sols

 

Article Le monde (Planète) du 24/07/2019 : canicule et sols

Sous ce lien, un article paru dans la rubrique Planète « Sécheresse : un risque de dégradations pour 4,5 millions de maisons » du 24/07/2019, dans lequel il est question du phénomène de retrait-gonflement des argiles.

Freiner l’artificialisation des sols, c’est (enfin) possible

L’Hexagone pourrait atteindre l’objectif d’une zéro artificialisation nette vers 2030, selon un rapport publié ce 23 juillet par France Stratégie. A condition d’accentuer la densification et la renaturation pour réduire la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers.

Pas facile d’évaluer finement l’artificialisation des sols. Les données statistiques disponibles jouent au yo-yo. Ce qui a conduit le gouvernement à lancer un observatoire de l’artificialisation des sols[1] début juillet. C’est ce que rappelle le rapport de France Stratégie, citant d’abord la base de données européenne Corine Land Cover[2], jugée parcellaire, et actualisée tous les 6 ans. L’étude Teruti-Lucas, du ministère de l’agriculture, n’est pas plus satisfaisante, avec son extrapolation basée sur un échantillon. Enfin, les fichiers fonciers[3] traités par le Cerema ne s’intéressent qu’au bâti existant ou à venir et laissent de côté toutes les infrastructures. Résultat: selon les chiffres, l’artificialisation des sols oscille en France entre 16.000 hectares (Corine Land Cover) et 60.000 hectares par an (Teruti-Lucas) entre 2006 et 2012-2014. Les données issues des fichiers fonciers sont présentées comme les plus fines. Soit tout de même 23.000 hectares artificialisés par an entre 2006 et 2016. Avec son lot de dommages considérables sur la biodiversité, le climat et les sols.

Dans le peloton de tête européen

Première conclusion: en France, l’artificialisation des sols est supérieure à la moyenne européenne. En 2012, 5,5% du territoire métropolitain était artificialisé contre 4% de la surface des 39 Etats européens étudiés. A superficie équivalente, l’Espagne n’avait artificialisé que 2,7% de son territoire selon Corine Land Cover. En 2014, le pourcentage s’élève même à 9,2% du territoire français selon l’étude Teruti-Lucas. Soit 5,1 millions d’hectares (dont 20% de sols bâtis, 49% de sols revêtus ou stabilisés et 31% de sols artificialisés non imperméabilisés).

Deuxième conclusion: l’artificialisation s’est accélérée en France à partir de 2003-2005 puis a décliné de 2010 à 2012 environ. Stable depuis, elle serait repartie à la hausse, selon nos informations. Un état des lieux actualisé est attendu fin septembre, avec la publication du premier rapport de l’observatoire de l’artificialisation des sols.

Étalement urbain

Sans surprise, ce phénomène est par ailleurs très inégal sur le territoire, en se concentrant sur les métropoles et les zones côtières. Selon Corine Land Cover, un tiers des surfaces artificialisées sont dues à l’étalement urbain.

En 2014, les sols artificialisés étaient dédiés principalement à l’habitat (42%) et dans une moindre mesure aux infrastructures de transport (28%), de services (16%) et aux surfaces commerciales et économiques (14%).

Prix bas et logements vacants

France Stratégie pointe plusieurs causes à cette artificialisation galopante. A commencer par la valeur de l’hectare agricole, parmi les plus basses d’Europe avec 6.000 euros environ contre 10.000 à 20.000 € en Allemagne, Danemark, Italie et Royaume-Uni, et 50.000 € aux Pays-Bas. Ensuite, les logements privés et les bâtiments tertiaires s’avèrent largement sous-exploités. En 2015, 2,8 millions de logements étaient vacants en France, rappelle le rapport. Soit 8% du parc de logements selon l’Insee.

Objectif : renaturer

Pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette fixé par le plan biodiversité en juillet 2018, pas d’autre choix que de renaturer. Un processus complexe, qui comprend la déconstruction, la dépollution, la désimperméabilisation, la construction de technosols permettant la végétalisation et la reconnexion fonctionnelle aux écosystèmes naturels environnants. Son coût, encore flou, oscillerait entre 1,9 et 2,3 millions d’euros par hectare. En comparaison, le prix moyen d’un hectare constructible varie, en juin 2019, entre 100.000 € dans les communes rurales et 6,1 M€ en région parisienne.

Scénario modéré

Autre priorité: augmenter la densité et le renouvellement urbain. Une économie de 11.000 ha de terres non artificialisées par an[4] pourrait être réalisée en 2030 selon un scénario de «densification modérée». Soit une hausse de la densité de 0,16 à 0,3 et une progression du taux de renouvellement urbain de 0,42 à 0,5. Avantage: réduire l’artificialisation de 20.000 à 9.000 ha par an.

Cette évolution impose de rehausser les constructions de plain-pied et de faire évoluer la réglementation. France Stratégie recommande d’encadrer les nouvelles constructions par un coefficient minimal d’occupation des sols et de conditionner l’attribution des permis de construire sur les zones non artificialisées à l’atteinte d’un niveau minimal de renouvellement urbain. Ces deux mesures pourraient être prises dans le cadre des plans locaux d’urbanisme (PLU). Il serait aussi utile d’exclure des dispositifs Pinel et prêt à taux zéro les constructions situées sur terres non artificialisées. Enfin, il est préconisé d’exonérer de la taxe d’aménagement les projets qui ne changement pas l’emprise au sol du bâti.

Scénario ambitieux

Plus ambitieux, le scénario de «densification forte» vise une densité de construction de 0,4 et un taux de renouvellement urbain de 0,6 en 2030. Il s’appuie sur une baisse du taux de vacance des logements (6% au lieu de 8% au niveau national) et sur un quintuplement du prix des terres libres par rapport à 2016. Résultat: l’artificialisation est réduite à 3.700 ha par en 2030 et même à moins de 1.200 ha en 2050. Renaturer des superficies équivalentes permettrait alors d’atteindre le zéro artificialisation nette visé par le plan biodiversité de juillet 2018. Au contraire, si rien n’est fait, l’artificialisation progressera encore et pourrait toucher, en 2030, 288.000 hectares de plus qu’en 2016 au titre su seul bâti. Soit un peu plus que la superficie du Luxembourg.

Lire l’article sur :
http://www.journaldelenvironnement.net/article/freiner-l-artificialisation-des-sols-c-est-enfin-possible,98692

L’IA turbine pour observer l’artificialisation des sols

Prévu par le plan biodiversité, l’Observatoire national de l’artificialisation des sols (ONAS) a été lancé le 9 juillet. Il sera notamment alimenté par les données satellitaires analysées par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) grâce à des algorithmes informatiques.

Lire l’article payant sur :
http://www.journaldelenvironnement.net/article/l-ia-turbine-pour-observer-l-artificialisation-des-sols,98644

14è RENCONTRES de la fertilisation raisonnée et de l’analyse

Du 20 novembre 2019 au 21 novembre 2019 à Dijon (21) – France

Evénement biennal, la 14è édition de RENCONTRES Comifer-Gemas
accueillera les 20 et 21 novembre à Dijon, tous les acteurs de la
fertilisation raisonnée : enseignants-chercheurs, prescripteurs,
fabricants, distributeurs et négociants, prestataires de services.
2 jours pour actualiser ses connaissances sur l’évolution des
raisonnements et des techniques de mesure de la fertilité des sols,
découvrir des solutions techniques, scientifiques, innovantes.

– 22 présentations orales organisées en 7 sessions aborderont des sujets
d’actualité tels que l’économie circulaire, la gestion de la matière
organique, les indicateurs biologiques, les voies de progrès dans la
gestion de l’azote etc.
– Une cinquantaine de posters
– Une zone d’exposition

Voir l’appel à communication sur :
comifer.asso.fr/images/rencontres/14emes_rencontres2019/COMIFER_GEMAS_AppelAcommunication_2019.pdf

Colloque RMT Fertilisation & Environnement du 19/09/2019 : les inscriptions sont ouvertes !

Vous êtes membre actif, partenaire associé, agriculteur, animateur ou membre d’un collectif ou d’un organisme partenaire du Réseau Mixte Technologique (RMT)  Fertilisation & Environnement ou simplement intéressé par les thématiques qui y sont traitées (outils d’aide à la décision pour la  fertilisation, recyclage des produits résiduaires organiques, impacts de la fertilisation sur l’environnement, économie circulaire)… : nous vous invitons à participer au colloque de clôture du RMT Fertilisation & Environnement, dont vous trouverez ci-joint le préprogramme.

Cette journée sera l’occasion de nous retrouver dans un cadre convivial pour des échanges scientifiques et techniques autour de ces thématiques majeures. Elle nous permettra de dresser un bilan de la plus-value apportée par les travaux du RMT Fertilisation & Environnement depuis 12 ans, d’échanger autour des nouveaux enjeux de l’économie circulaire à différentes échelles spatiales, et de présenter le programme du RMT BOUCLAGE, candidat à la succession du RMT F&E.

Le colloque se tiendra le 19 septembre 2019 dans l’auditorium de l’APCA à Paris 8.

Le programme prévisionnel du colloque est désormais disponible en ligne et ci-joint.

L’inscription est gratuite (dans la limite des places disponibles) mais obligatoire : INSCRIVEZ-VOUS dès aujourd’hui et au plus tard le 10 septembre.

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Quoi de plus logique que d'avoir choisi de nous enterrer dans les anciennes carrières de pierre du Bourgeais qui construisirent Bordeaux... Vue imprenable sur les fronts de taille depuis nos locaux !