2 novembre 2018 Cédric de Solenvie

Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 38 (novembre 2018)

Le Mensuel

N°38 / Novembre 2018 

A LA UNE

Faut-il renoncer à toute idée de vérité?

L’ère de la « post-vérité »

En 2016, les « fake news » envahissaient brutalement notre sphère médiatique. Ces « fausses nouvelles » ou « infox » s’imposaient sans complexe revendiquant quasiment leur illégitimité. Nous rentrions, aux dires de certains, dans l’ère de la « post-vérité », ou « ère post-factuelle », une ère de la communication, de la fugacité, de l’apparence.

Ces nouveaux médias permettaient, en toute impunité, la désinformation et, par-là même, toutes les manipulations. Un message sur twitter pouvait être lu par quelques millions de personnes sans que l’identité de son auteur ne soit connue et sans que son contenu soit validé par qui que ce soit.

Aujourd’hui face aux contrôles qui commencent à s’organiser et à montrer quelque efficacité, la manipulation devient plus subtile et cachée. Le lobbying classique est remplacé par des « influenceurs » qui inondent les réseaux sociaux pour modeler l’opinion et créer ce qu’on appelle de « l’hyper-partisanisme » au profit de groupes politiques, de groupes d’intérêt, ou de causes diverses.

Faut-il pour autant renoncer à toute idée de vérité ?

 « Les faits ne sont pas des opinions ! ». Ils résistent même avec obstination. L’expérimentation, la preuve, la rationalité dérangent nos représentations rêvées du monde. La vérité persiste malgré tout, parfois en creux, comme une photo en négatif. Qualifier des informations de « fake » suppose, en effet, paradoxalement, d’avoir une intuition de la vérité.

Le concept de vérité sert de référence inconsciente, de valeur implicitement partagée. La vérité, parfois, c’est ce qui manque, ce à quoi on aspire. Mais elle a besoin de temps pour émerger et s’imposer.

L’Académie d’agriculture de France : Connaître et transmettre

Avec l’augmentation rapide de la population mondiale, pour que chacun puisse manger sainement, boire, respirer, lutter contre les maladies, les problèmes à venir sont immenses et complexes. Nous aurons besoin de connaissances et d’expérimentation et de continuer à faire confiance à la science, aux valeurs qui la sous-tendent, à la qualité des hommes qui la font et la promeuvent.

Fidèle à sa devise : « L’ambition de connaître et la passion de transmettre », c’est ce choix de la science, au service de l’humanité, qui a fondé et qui légitime l’Académie d’agriculture de France. C’est le choix de participer, par l’activité de ses membres, français et étrangers, à la fois à la production de données scientifiques fiables, à la transmission de résultats avérés mais aussi d’être partie prenante, de manière dialectique, des controverses scientifiques ou sociétales en cours.

Elle dispose aujourd’hui de tous les moyens modernes de communication qui lui permettent de toucher un public plus large et d’interagir avec lui. Lutter contre les « fake news » et toutes les formes de désinformation dans les domaines qui relèvent de sa mission, agriculture, alimentation et environnement, fait partie désormais, plus que jamais, de sa mission.

Brigitte Laquièze, membre de l’Académie d’agriculture de France

L’INFORMATION DU MOIS

Nos agriculteurs bénéficieront-ils des progrès des nouvelles biotechnologies ?

Les nouvelles biotechnologies reposent principalement sur l’édition du génome, une des grandes révolutions des sciences de la vie, c’est-à-dire sur des modifications ciblées et ponctuelles des gènes sans ou avec insertion d’ADN étranger en utilisant notamment des « ciseaux moléculaires » (CRISPR-cas9). Les modifications sont infiniment plus précises et efficaces, et surtout d’un coût infime, par comparaison avec les précédentes techniques du génie génétique.

Le prochain colloque de l’Académie « Les nouvelles biotechnologies pour l’agriculture et l’alimentation » fera le point sur la question.

Les nouvelles applications pour l’amélioration des plantes sont de plus en plus nombreuses en Amérique comme en Chine, ainsi que pour éradiquer des insectes vecteurs de maladies des plantes, des animaux ou de l’Homme par guidage génétique.

Néanmoins, sans distinction factuelle entre les différents usages, sans envisager d’évaluer les produits, l’Union Européenne vient de les classer comme OGM réglementés. En dépit du rapport laudatif de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, nul doute que la France sur-transcrira cette réglementation, alors que nombre de pays américains et asiatiques ont décidé de ne pas réglementer l’usage des nouvelles biotechnologies.

La conséquence immédiate est le coût exorbitant de l’autorisation de mise sur le marché qui arrêtera les petites et moyennes entreprises semencières et favorisera les grandes multinationales. Mais, en rejetant tout risque commercial, ces dernières délaissent la création de variétés biotechnologiques adaptées aux conditions agro-climatiques européennes. Nos cultivateurs ne bénéficieront donc pas des avancées qui donneront des avantages décisifs aux Américains et aux Chinois (qui recrutent des biotechnologues par dizaines de milliers).

Une autre conséquence, dramatique pour le long terme, est révélée par le classement de Shanghai qui montre que la France, pays pionnier en biotechnologie, ne figure plus parmi les 100 premières universités ou instituts de recherche dans ce domaine d’avenir, même en prenant les aspects médicaux en compte.

Le cadre juridique européen favorise ainsi les distorsions de concurrence et mettra rapidement notre agriculture sous la dépendance de pays qui investissent massivement dans les biotechnologies.

Jean-Claude Pernollet, membre de l’Académie d’agriculture de France

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RETOUR SUR LES PRÉCÉDENTES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

La révolution CRISPR – Cas 9 en élevage

10 octobre 2018

L’édition génomique par le recours aux techniques de mutagénèse dirigée doit permettre l’amélioration génétique des animaux d’élevage.

Ces avancées scientifiques pourraient répondre à de nombreuses attentes : correction d’anomalies génétiques, amélioration de la qualité des produits (suppression des allergènes du lait…), développement de la résistance aux maladies (tuberculose et mammites chez les bovins…). Ces techniques ont également l’avantage de préserver la diversité des races.

Toutefois, l’acceptation sociale nécessitera concertation, pédagogie et communication sur les intérêts communs entre les éleveurs et la société.

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Les fruits du futur à l’horizon 2035-2040

17 octobre 2018

Cette séance s’est nourrie d’une réflexion collective et prospective publiée en juillet 2018 dans le cadre des études de FranceAgriMer.

Quatre espèces ont été étudiées : pomme, poire, pêche-nectarine, abricot. Différents scénarios ont principalement pris en compte l’impact du changement climatique, la sensibilité des consommateurs aux résidus de pesticides, les signes de qualité et la sélection variétale.

Si le climat évolue, les maladies sont également en mouvement. Les professionnels s’interrogent sur le déplacement des zones de production dans le futur. Des difficultés ont également été soulignées sur le décalage dans le temps entre les exigences sociétales et politiques assez immédiates, alors que de nombreuses années sont nécessaires pour adapter les pratiques culturales et recourir à la création variétale.

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LES PROCHAINES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Les séances hebdomadaires (#seanceshebdos) de l’Académie d’agriculture de France se tiennent chaque mercredi de 14h30 à 17h00 (sauf en périodes de vacances scolaires).

Elles sont gratuites et accessibles à toutes et tous

Ce sont des moments « d’échanges privilégiés » avec des experts de renom sur les sujets traités.  

L’agenda complet de ces #seanceshebdos est disponible > En cliquant ici 

Voici la présentation de quelques-unes de ces futures séances :

Biodiversité et compensations écologiques : vers une perte zéro

7 novembre 2018

Les compensations écologiques ont pour but de compenser une perte de biodiversité liée à un aménagement ou un projet créateur de nuisances.

Cette séance va permettre de décrire les compensations écologiques en action : intérêts, limites, évaluations, acteurs et métiers. Il s’agit de réaliser un état des lieux et de préciser comment cette politique environnementale peut s’insérer ou non dans les politiques agricoles et de paysage en France.

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Quel est le rôle de l’épigénétique chez l’animal, le végétal et la bactérie ?

14 novembre 2018

L’épigénétique étudie la régulation de l’activité des gènes en fonction de variations dues au climat, à l’alimentation, aux pollutions…

Cette séance sera consacrée à l’étude des processus moléculaires participant à la régulation de l’expression des gènes, sans modification de l’information génétique. Différents exemples (les bactéries pathogènes sur l’hôte mammifère, l’amélioration variétale, l’épigénome des spermatozoïdes de taureaux) illustreront le rôle de ces processus moléculaires dans l’interprétation de l’information génétique.

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Antibiotiques et environnement

21 novembre 2018

Les antibiotiques sont des médicaments qui permettent de contrôler de nombreuses bactéries à l’origine de maladies infectieuses humaines et animales. Parallèlement, l’antibiorésistance est la capacité d’une bactérie à résister à l’action d’un antibiotique.

Le développement des antibiorésistances est de plus en plus préoccupant.

L’usage des antibiotiques en élevage suscite de nombreuses interrogations et cette séance a pour objectif de mieux connaître le devenir des bactéries résistantes dans l’environnement, d’apprécier le risque inhérent aux pratiques d’élevage et à terme d’orienter au mieux le contrôle de ces dangers.

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Faire face aux invasions de bioagresseurs exotiques en forêt

28 novembre 2018

La circulation de plus en plus intense des biens et des personnes et l’évolution du climat sont les principaux facteurs qui favorisent de nouvelles espèces de ravageurs et pathogènes sur notre sol.

Il est donc nécessaire d’anticiper l’arrivée de ces espèces, de détecter rapidement leur présence, d’évaluer les forêts et l’ensemble des arbres et d’élaborer des stratégies de prévention et de lutte.

Cette séance a donc pour objectif de présenter les avancées méthodologiques récentes dans ces domaines.

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LES AUTRES ACTIVITÉS DE L’ACADÉMIE

L’agriculture dans la bioéconomie

11 et 12 octobre 2018 – Beauvais

Ce colloque organisé par l’Académie d’agriculture et UniLaSalle à Beauvais s’adressait particulièrement aux étudiants qui auront à renouveler l’agriculture pour assurer la transition énergétique et lutter contre le changement climatique.

Une enquête IFOP réalisée en 2018 auprès de 1000 personnes montrent que 88% des Français ont une bonne image des produits biosourcés. 80% d’entre eux souhaitent avoir plus d’informations sur ces produits et considèrent qu’ils vont apporter aux agriculteurs une vraie solution pour sécuriser leurs revenus.

A la place du gaz et du pétrole, la bioéconomie devra valoriser une diversité de ressources issues de différentes filières. Mais le coût actuel des bioproduits handicape leur développement. Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité que ces produits bénéficient financièrement de leurs services environnementaux.

> Retrouver les grands moment du colloque sur la page Twitter de l’Académie 

Les nouvelles biotechnologies pour l’agriculture et l’alimentation

22 novembre 2018 – SNHF Paris

Nourrir 10 milliards d’habitants d’ici 2050 est un défi majeur du XXIème siècle. Ce défi ne peut faire l’impasse sur l’innovation et particulièrement sur les nouvelles biotechnologies pour des programmes d’amélioration génétique de micro-organismes, de races animales ou de variétés végétales.

Ce colloque fera le point sur les découvertes et les programmes de recherche en cours, les nouvelles réglementations européennes et leurs conséquences sur l’agriculture française. Il est organisé par l’Académie d’agriculture et se tiendra à la Société nationale d’horticulture de France (SNHF) à Paris.

DERNIÈRES PLACES DISPONIBLES

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Le prix de l’information scientifique

La complexité des choix liés aux sciences et aux technologies, l’accélération de l’innovation, la mondialisation… nécessitent que chacun puisse accéder à une information scientifique de qualité, garant de la vitalité du débat démocratique.

Les journalistes y tiennent une place centrale au côté des scientifiques. Par la remise d’un prix, l’Académie d’agriculture met donc à l’honneur les travaux journalistiques remarquables et les journalistes qui prennent en compte les enjeux du développement dans les domaines de l’alimentation, de l’agriculture et de l’environnement.

Les supports d’information peuvent être la presse écrite, les émissions de radio ou de télévision, les sites internet ou les blogs.

Les candidatures doivent être déposées à l’Académie d’agriculture avant le 31 décembre 2018.

> En savoir plus 

LES INITIATIVES DES PARTENAIRES DE L’ACADÉMIE

Eau, alimentation et changement climatique : revenir aux sources du développement durable

Au cours de ce petit déjeuner organisé par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture (4AF), Guillaume Benoit a rappelé que les ressources en eau représentent un enjeu international de 1er rang. L’eau, c’est d’abord la pluie et « l’eau verte », c’est-à-dire contenue dans les sols et disponible pour les plantes.

Le fort accroissement démographique et le changement climatique aggravent une situation alimentaire délicate. La dépendance alimentaire est déjà de 50% pour le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient, alors que les experts annoncent une baisse de la pluviométrie dans les régions déjà pauvres en eau. Il est donc essentiel que les pays développent des politiques publiques pour des agricultures mieux intégrées dans leur environnement. Les voies d’adaptation sont multiples : stockage de l’eau, extension et efficience de l’irrigation, sélection de variétés adaptées, agriculture de conservation des eaux et des sols, collecte des eaux de ruissellement, recharge de nappes, réutilisation d’eaux usées traitées…

> En savoir plus (Voir le diaporama de l’exposé de Jean-Christophe Debar)

ANALYSES DE THÈSES ET COMMUNICATIONS DE RECHERCHE DE JEUNES CHERCHEURS

Vous venez de passer votre thèse, manifestez-vous ! Vous pourrez alors candidater pour une médaille d’argent. Contactez, pour ce faire : Anne-Marie Hattenberger (am.hattenberger.alfort@wanadoo.fr)

> En savoir plus sur les thèses

Vous voulez écrire une communication de recherche si vos travaux présentent des résultats innovants et originaux. Vous trouverez les instructions rédactionnelles à respecter sur le site Internet de l’Académie.

> En savoir plus sur les communications de recherche

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Les actualités en matière de thèses :

Pas d’actualité ce mois-ci…

 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES POTENTIELS DE LA SCIENCE POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

La rapidité des avancées scientifiques est actuellement considérable.

Ainsi, un groupe d’académiciens de différents horizons a pour mission d’étudier les nouvelles capacités de la science au profit de la production et de la qualité des produits, de leur conservation, mais aussi de la préservation de l’environnement. 

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation d’un thème qui y est développé (nous vous indiquons le chapitre dans lequel il est classé, pour faciliter votre accès au PDF):

Produits de biocontrôle en 2018 : réalités et défis

Le biocontrôle rassemble beaucoup de techniques et technologies connues depuis longtemps. Les pouvoirs publics ont décidé de promouvoir cette approche de protection des plantes pour réduire la consommation des molécules phytosanitaires de synthèse.

Mais cette démarche n’a de sens que si les produits de biocontrôle engendrent des progrès significatifs en protection de l’environnement et préservation de la santé humaine et animale.

L’auteur de ce document souligne que les dispositifs actuels de biosurveillance du territoire sont surtout focalisés sur les produits phytosanitaires de synthèse. Les produits de biocontrôle devraient donc y être soumis de la même manière avec des protocoles liés à leur spécificité.

Par Catherine Regnault-Roger, membre de l’Académie d’agriculture de France

Article à consulter dans le chapitre «Protection des cultures»                                     

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES AVIS, RAPPORTS, POINTS DE VUE D’ACADÉMICIENS SUR… ET NOTES ACADÉMIQUES 

Les avis, rapports, points de vue d’Académiciens sur… et notes académiques sont les synthèses de travaux collectifs de groupes de travail issus de l’Académie d’agriculture de France ou communs à plusieurs Académies

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  et En cliquant ici 

Non, il n’est pas établi que les aliments bio protègent du cancer

Un « Points de vue d’Académiciens sur… », signé par Léon Guéguen et Gérard Pascal, liste les 16 points qui explique pourquoi.

> En savoir plus                                   

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES ARTICLES

Des articles portent sur des sujets très précis dans les domaines d’activités de l’Académie d’agriculture de France. Ils sont rédigés par des académiciens ou des personnalités externes présentées par un membre de la Compagnie.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques articles récents :

Planter des milliards d’arbres : pour limiter les changements climatiques

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié en octobre 2018 un rapport spécial pour évaluer les impacts d’un réchauffement de 1,5°C et les étapes pour contenir les émissions de gaz à effet de serre.

André-Jean Guérin, membre de l’Académie d’agriculture, a repris dans « Sentiers » un aspect de ses conclusions, celui relatif à la capture du CO2 par la végétation et les sols, en particulier par les arbres.

Bien sûr, il faudrait planter des milliards d’arbres ! Mais chacun peut y contribuer facilement. En effet, la plate-forme « A Tree for You » sélectionne les projets qui pourront être soutenus par les donateurs. Ces projets sont retenus pour leur capacité de capture de dioxyde de carbone, leur contribution à la biodiversité, la régulation des eaux, la protection de la restauration des sols, le respect des populations locales…

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LA FORET ET LE BOIS EN FRANCE EN 100 QUESTIONS

L’encyclopédie « La forêt et le bois en 100 questions » est née du besoin d’une meilleure information sur la forêt française et ses enjeux. Il s’agit d’une publication collective, en 10 chapitres, sous forme de fiches, dont les rédacteurs sont des membres de l’Académie ou des experts extérieurs.

Vous trouverez l’intégralité de la publication > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques fiches :

La pression des grands mammifères ongulés sur la forêt est-elle excessive?

Les promeneurs en forêt seraient bien surpris d’apprendre qu’aujourd’hui, le cerf compte 150 000 individus, que le chevreuil dépasse probablement les 1 500 000 et que la population de sangliers doit être comprise entre 1,5 et 2 millions d’individus.

Ces effectifs ont été multipliés par quatre, six ou huit en 40 ans selon les départements. L’extension des surfaces forestières, le renouvellement des plantations, la culture du maïs et les mesures de gestion mises en place par les chasseurs en sont les principales raisons.

Mais aujourd’hui, cette prolifération des grands animaux peut poser problème pour l’équilibre de la forêt. Cet article précise les conséquences d’une surpopulation et les mesures à mettre en œuvre pour rétablir l’équilibre forêt-gibier. 

Par Gérard Tendron, secrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture de France 

Fiche à consulter dans le chapitre 5

Les tempêtes causent-elles aux forêts des dommages croissants ?

Cet article présente tout d’abord les facteurs responsables des dégâts en forêt lors de tempête : topographie, exposition, sols, essences d’arbres… 1999 a été une année catastrophique avec plus de 200 millions de m3 abattus, soit quatre fois la récolte moyenne annuelle française.

Par ailleurs les forêts sont de plus en plus vulnérables : accroissement de la taille des arbres, difficultés liées à l’ancrage racinaire… La gestion des forêts doit aujourd’hui anticiper ces risques, en atténuer les impacts et créer une future forêt plus stable et plus résiliente, écologiquement et économiquement.

Par Yves Birot, membre de l’Académie d’agriculture de France

Fiche à consulter dans le chapitre 5

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES REPÈRES 

Ce sont des fiches pédagogiques très synthétiques comprenant un graphique commenté qui apporte un éclairage novateur sur un sujet concernant l’agriculture.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

Voici, ci-après, la présentation du contenu de quelques fiches:

Production de céréales : la France comparée aux grands exportateurs mondiaux en matière de surfaces par exploitation

Opinion répandue : « Notre territoire comporte trop de grandes exploitations agricoles et l’avenir est sûrement à des fermes familiales de moindre importance »

L’analyse de l’Académie d’agriculture : « La France compte 110 000 exploitations cultivant des céréales et spécialisées en grandes cultures ou en polyculture-élevage. Comparée à la taille des exploitations céréalières des principaux pays exportateurs, la surface des fermes françaises est considérablement plus faible. Selon l’APBG, l’avenir de nos exploitations passe à la fois par un renforcement de l’offre qualitative (teneur en protéines plus élevées, moindre humidité des grains…), plus de dynamisme à l’export et par la création de nouvelles filières (labels, chimie du végétal…)

Evolution des surfaces cultivées avec des plantes génétiquement modifiées – Ensemble du monde de 1996 à 2017

Opinion répandue : « Les cultures de plantes génétiquement modifiées qui sont très contestées sont en régression »

L’Académie d’agriculture précise : « En 2017, ces cultures occupaient plus de 13,5% de la surface agricole utile de la planète, et sont en progression constante. 17 millions d’agriculteurs de 26 pays, dont 19 pays en développement et 5 pays développés en cultivent. Ces pays regroupent 60% de la population mondiale : 7,1 millions de Chinois et 7,7 millions d’indiens cultivent des plantes génétiquement modifiées. Plus de 90% de ces agriculteurs sont des agriculteurs à faible revenu qui travaillent de petites surfaces… ».

A NOTER AUSSI…

Les événements qui ont déjà eu lieu sont cités ici pour information

Début novembre 2018 : Le financement participatif par l’Académie d’agriculture pour la sauvegarde, puis l’édition, de 83 planches sur vélin réalisées à partir de 1807 sur les cépages de vignes, SE POURSUIT.

10 000 euros sur 40 000 euros sont à collecter dans un premier temps, 7 400 l’ont été à ce jour.

> CONTRIBUER !!!

 

Avant le 15 novembre 2018 : dépôts des dossiers de candidature des équipes d’étudiants au concours Make IT Agri

Ce concours a pour objectif de « favoriser l’innovation numérique pour améliorer les pratiques agricoles en matière environnementale ».

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13 novembre 2018 : journée sur les « Pollutions accidentelles des eaux de surface » – Office international de l’eau – Paris

Il est grand temps de s’inscrire.

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13 et 14 novembre 2018 : colloque national DEPHY – Cité des sciences et de l’industrie – Paris

Ce colloque s’adresse à l’ensemble des acteurs de l’agriculture, de l’environnement et de la recherche. Agriculteurs, conseillers, animateurs, techniciens et chercheurs du monde agricole témoigneront de leur expérience au sein du réseau DEPHY qui regroupe plus de 3000 agriculteurs engagés dans la réduction des produits phytosanitaires.

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14 et 15 novembre 2018 : colloque « Enjeux sur le sol : les dispositifs de longue durée pour répondre aux questions d’aujourd’hui et de demain » – Inra Versailles

Et c’est tout bientôt.

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14 et 15 novembre 2018 : université d’automne des « living labs » en agriculture et en agroalimentaire à Clermont-Ferrand

Ce sont des laboratoires d’innovation où citoyens, habitants et usagers sont des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation.

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14 et 15 novembre 2018 : séminaire Démocratie alimentaire organisé par l’INRA et l’Institut de management de Montpellier

Attention, le nombre de places est limité !

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15 novembre 2018 : Atelier sur les « Chaînes de valeurs agricoles et compétitivité de l’agriculture familiale » – Agence française de développement à Paris.

Il est grand temps de s’inscrire.

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17 novembre 2018 : colloque intitulé « 50 ans de lutte contre les pseudosciences et pour la promotion de la démarche scientifique » de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) au Palais de la Découverte à Paris

Trois membres de l’Académie d’agriculture participeront à la table ronde « Agriculture, santé et environnement : la science inaudible »

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20 novembre 2018 – premières assises de l’œnotourisme – Paris – Palais des Congrès

Il est grand temps de s’inscrire.

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20 novembre 2018 : Les Mardis du Quai Voltaire ont pour thème « Les médias aiment-ils l’agriculture ? » – 19h à Paris

Il est grand temps de s’inscrire.

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22 novembre 2018 – « Territoires en transition : quels projets pour les agriculteurs ? » – Fondation Avril et Sol et Civilisation à Paris.

Il est grand temps de s’inscrire.

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Avant fin 2018 – dépôts des candidatures pour les prix de l’Association pour la valorisation de la recherche en économie et gestion agroalimentaire (AREA)

Ces prix récompensent des thèses, des masters et mémoires sur les travaux en économie et gestion agricoles, agro-alimentaires et alimentaires.

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Avant le 19 janvier 2019 : inscription des classes de l’enseignement agricole au jeu-concours « Je filme le métier qui me plaît »

La remise des prix se fera au Grand Rex en présence de l’acteur Jean Dujardin.

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 LES OUVRAGES PROPOSÉS PAR L’ACADÉMIE

Vous avez apprécié un ouvrage. Pour qu’il puisse paraître dans ce chapitre, 
contactez : Christine Ledoux (
christine.ledoux@academie-agriculture.fr)

Les ouvrages présentés sur le site Internet de l’Académie d’agriculture de France ont été lus très attentivement par un Académicien. Vous disposez ainsi d’une analyse, qui vous permettra de mieux appréhender son contenu et connaître tout ce qu’il peut vous apporter.

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Au-delà des OGM

Depuis une vingtaine d’années, les organismes génétiquement modifiés (OGM) agricoles ont fait l’objet d’une controverse qui a conduit la presque totalité des Etats européens à refuser leur mise en culture. Parallèlement, dans le monde, de nombreux pays, et en majorité des pays en développement, les cultivent de façon croissante.

Aujourd’hui, de nouvelles techniques permettent des changements contrôlés et précis dans le génome des organismes. Quelles perspectives ouvrent-elles ? Quelles sont leurs applications en productions animales et végétales ? Quels seront les termes du débat sociétal et éthique ?

Dix auteurs d’horizons différents s’expriment sur ce sujet d’actualité et sur la place dévolue aujourd’hui à la science dans la société et dans la parole publique.

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Vous avez dit libre-échange ? 

L’accord de « Partenariat » Economique Union Européenne – Afrique de l’Ouest

Jacques Berthelot est connu pour sa connaissance encyclopédique des traités internationaux. Ce livre s’attaque aux accords de partenariats économiques, d’une grande complexité et sans bénéfices équitables évidents.

Les « experts » de l’Union européenne sont persuadés que la meilleure méthode consiste à libéraliser les échanges, idéalement sans droits de douane. Mais les états africains tirent l’essentiel de leurs recettes fiscales de ces droits de douane et il faudrait que les marchés fonctionnent bien et assurent des prix stables liés aux coûts de production !

Ce livre aborde presque toutes les questions du « droit du développement » et mérite d’être lu par toutes les personnes concernées.

Ecologie intensive

La nature, un modèle pour l’agriculture et la société

Dans un nouvel ouvrage, Michel Griffon, ingénieur agronome, explique la nécessité de changer nos modes de production face au réchauffement climatique, à l’épuisement des ressources et à l’accroissement de la population mondiale.

Il explique que la biosphère est un ensemble d’écosystèmes qui contient un immense stock de technologie. « La compréhension du monde doit être la priorité absolue ». Ainsi, il est possible de s’inspirer du vivant, en intensifiant les processus naturels. Un développement agricole plus productif est possible, tout en étant écologique et équitable.

Ce livre scientifique présente une approche approfondie et globale des rapports de l’humanité avec la nature qui est proposée comme modèle pour une agriculture écologiquement intensive.

 EN DÉBAT…

Des scientifiques européens lancent un appel pour préserver l’innovation en agriculture

Le 25 juillet 2018, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt sur le statut juridique des organismes obtenus par mutagénèse, sans insertion d’ADN étranger à l’espèce. Elle considère que ces produits doivent être encadrés au même titre que les OGM.

C’est pourquoi des scientifiques représentant plus de 85 centres et instituts européens de recherche sur les plantes et les sciences de la vie lancent un appel aux décideurs afin qu’ils préservent l’innovation en agriculture.

En effet, les nouvelles techniques innovantes permettent des améliorations génétiques avec une efficacité et une précision très élevées. La décision actuelle de la Cour de justice aurait pour conséquence de priver les agriculteurs de variétés végétales « plus résilientes au climat et plus nutritives, qui sont nécessaires de toute urgence pour répondre aux défis écologiques et sociétaux actuels ».

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L’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) propose un plan de sauvegarde

Pour cette association, « l’avis émis par la Cour de justice de l’Union européenne sur le statut de la mutagénèse risque fort d’aboutir à une situation de blocage… Les filières semencières européennes se retrouveraient alors dans l’incapacité de créer rapidement les variétés nécessaires pour répondre aux défis liés à la réduction d’utilisation des produits phytosanitaires et aux changements climatiques ».

Conjointement avec d’autres organisations, L’AFBV a entrepris une démarche auprès de la Commission européenne. Elle propose de mettre en place un processus de validation pour les plantes issues de l’édition génomique (mutagénèse).

Ce processus est déjà mis en place dans d’autres pays. Aussi, pour l’Association française des biotechnologies végétales, ces mesures de sauvegarde des nouvelles techniques d’amélioration des plantes doivent être prises de façon urgente pour éviter que l’Union européenne ne se retrouve pour sa sécurité alimentaire sous la dépendance des grands pays agricoles qui investissent massivement dans ces nouvelles technologies très prometteuses.

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LES SERVICES DE L’ACADÉMIE

Le fonds documentaire de l’Académie accessible sur Gallica

Un contrat de numérisation des principales collections de la bibliothèque de l’Académie a été passé avec la Bibliothèque nationale de France (BnF).

La collection complète jusque 2002 des Bulletins, Mémoires et Comptes-Rendus de notre compagnie depuis son origine en 1761 a été livrée à la BnF en mars 2010.

Sur les 232.000 pages confiées à la BnF (notre collection complète) 160.000 pages sont en ligne soit 69% se décomposant ainsi : 92 % pour le 18ème siècle, 79% pour le 19ème siècle et 58% pour le 20ème siècle.

La plupart des documents en ligne permettent une recherche par mot, ceci grâce à l’opération de reconnaissance des caractères.

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La location des salles historiques de l’Académie

Situées au cœur de Paris, 18, rue de Bellechasse – Paris 7ème arrondissement, les salles de l’Académie d’agriculture de France peuvent être réservées pour des réunions. 

Contact : EasyRéunion

Réservation en ligne

 

Le MENSUEL est une publication de l’Académie d’agriculture de France

Directeur de la publication : Gérard Tendron
Rédacteur en chef : Christian Saber
Secrétaire de rédaction : Philippe Kim-Bonbled

Comité de rédaction : Catherine Aubertin, Alain Bernard, Michel Candau, Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, Jean-François Colomer, Andrée Dessert-Corvol, Jean-Pierre Guyonnet, Anne-Marie Hattenberger, Philippe Kim-Bonbled, Constant Lecoeur, Christian Saber, Nadine Vivier, Guy Waksman.

Sources photographiques : You tube, La Fabrique du changement, fr.rbth, maman pour la vie, France Bleu, Prévention Santé, Inra, Ouest-France, AFP, Wikipédia, Pinterest, A tree for you, Wikimédia, La Croix, Presses des Mines, l’Harmattan

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