5 septembre 2019 Cédric de Solenvie

Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 46 (septembre 2019)

Le Mensuel

N°46 / Septembre 2019

A LA UNE

Construire le sens du progrès

Nul ne peut nier que notre époque efface petit à petit la notion de progrès. Marquées par des discours apocalyptiques quant au futur, nos sociétés se réfugient dans le présentisme, et dans l’immédiateté que l’innovation technologique, notamment numérique, encourage de plus en plus. Qu’il s’agisse de climat, de biodiversité, d’énergie, d’alimentation, ou encore de santé, le progrès n’est plus porteur de l’accomplissement d’une promesse portée collectivement, mais d’une catastrophe à laquelle il devient urgent d’échapper. Passé et futur cèdent le pas au présent.

Beaucoup des raisonnements tenus s’ancrent désormais dans le relativisme ou donnent priorité aux émotions, aux affects, cantonnant la rationalité dans un espace rétrograde. Nous savons aussi qu’une méfiance s’est installée à l’égard des discours d’autorité politiques et institutionnels. Les médias, « le quatrième pouvoir », ne sont pas en reste. Nos concitoyens leur accordent peu de crédit pour lutter contre les fake news et privilégient l’information portée par des proches, comme sur les réseaux sociaux. Proximité et immédiateté déterminent la nouvelle confiance.

Or la démarche scientifique est, par définition, une démarche de progrès et souvent de long terme. Dans sa volonté d’approcher le réel, elle s’ancre dans l’histoire et se projette vers un avenir en perpétuel mouvement. Pour son malheur, elle est souvent contre-intuitive et difficile à comprendre sans oublier le fait que toute communication sur la science est très vite dépassée. Autant de difficultés qui nécessitent le recours à une excellente information et vulgarisation.

C’est un enjeu pour l’Académie d’agriculture de France qui publie de nouveaux ouvrages, une encyclopédie en ligne, met en place des séances publiques de plus en plus suivies, a créé un prix de l’information journalistique vers le grand public et communique avec succès sur les réseaux sociaux.

Insistons sur la difficulté majeure de la communication des sciences : celle de son statut. La vérité scientifique ne découle pas d’un consensus social. La convocation des sciences dans l’espace public lors des débats implique un tout autre régime de discours que le discours scientifique. Les sciences via l’expertise rentrent alors en politique, c’est-à-dire dans des rapports de force dont l’objectif n’est plus celui de la vérité mais celui de la justice. Le droit qui en est le bras exécutif en est venu à se prononcer sur la définition de la science dans certains procès célèbres liés au créationnisme.

Face à cette complexité et à cette défiance, l’Académie qui regroupe en son sein des scientifiques et des experts de toutes disciplines, des acteurs agricoles, économiques, politiques, des médias, entend associer plus étroitement les acteurs de la société civile à ses travaux. C’est un lieu où se croisent les cultures. Apportant sa capacité interdisciplinaire, son expérience des situations et en toute transparence sur les engagements des uns et des autres, elle souhaite contribuer à l’analyse des termes des débats et relever le défi de la confiance. « Construire ensemble le sens du progrès » devient chaque jour plus pressant et pourrait devenir la devise de l’Académie.

Marie-Françoise Chevallier- Le Guyader, membre de l’Académie d’agriculture de France

L’INFORMATION DU MOIS

Le droit à l’alimentation

« Le droit à l’alimentation » a une existence juridique parmi les droits humains. C’est essentiellement au plan international que plusieurs textes mentionnent ce droit, et donnent aux Etats la responsabilité de le mettre en œuvre sur leur territoire.

Au plan européen, il n’y a pas d’autre texte contraignant qu’un règlement de 2014 relatif au « Fonds d’aide aux plus démunis ». Ce texte n’encadre pas explicitement le droit à l’alimentation, mais il le met en œuvre par l’organisation d’un système européen d’aide alimentaire. Ce système est relayé et appliqué en France par l’intermédiaire d’associations agréées. Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l’Homme vise ce droit dans certaines décisions, notamment à l’égard des personnes emprisonnées.

Quant au contenu de ce droit, l’ONU (Comité des droits économiques, sociaux et culturels, 1999) y voit : « la disponibilité d’une nourriture exempte de substances nocives et acceptable dans une culture déterminée, en quantité suffisante, et d’une qualité propre à satisfaire les besoins alimentaires de l’individu » et « l’accessibilité ou possibilité d’obtenir cette nourriture d’une manière durable et qui n’entrave pas la jouissance des autres droits de l’homme ». C’est une définition parmi d’autres.

Il s’agit donc d’un droit qui s’exprime différemment dans chaque Etat, mais au sein d’un cadre international commun. Dans bien des pays, l’État en délègue la mise en œuvre à des associations habilitées à distribuer une aide alimentaire.

Le droit à l’alimentation est pour cette raison le plus souvent présenté par référence à l’aide alimentaire. En réalité, il a une portée plus grande, englobant bien sûr un état général de « sécurité alimentaire » pour chaque personne, mais aussi les questions qui touchent aussi bien les besoins spécifiques des enfants que l’allaitement maternel, la disponibilité d’une alimentation adaptée à chaque religion (cantines, prisons…) ou encore le pouvoir de nourrir une personne contre son gré (grève de la faim, par exemple) ».

François Collart Dutilleul, membre de l’Académie d’agriculture de France

Un colloque sur « Le droit à l’alimentation pour tous – Où en sommes-nous ? » aura lieu le 10 octobre 2019. Il est organisé par l’Académie d’agriculture de France en partenariat avec le Conseil National de l’Alimentation > En savoir plus

RETOUR SUR LES PRÉCÉDENTES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Impact de l’environnement sur le développement des allergies alimentaires

5 juin 2019

Trois familles d’allergènes (lait, fruits à coques et légumineuses) sont responsables de plus de 70% des allergies alimentaires chez l’enfant et sept familles d’allergènes de la moitié des allergies alimentaires chez l’adulte. Les allergènes sont le plus souvent des protéines. Les homologies de structure pouvant exister entre les familles de protéines présentes dans les aliments d’origine végétale et dans les pollens expliquent les allergies croisées entre aliments et pollens.

Cette séance académique a permis d’illustrer la complexité des mécanismes de l’allergie alimentaire et la multiplicité des facteurs qui interagissent pour en accélérer le développement. Une présentation a confirmé que les modifications de l’environnement (pollutions, changement climatique…) concourent à une augmentation des risques allergiques.

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La crise du climat, le GIEC et les agriculteurs

12 juin 2019

Les observations actuelles sur le changement climatique montrent que le réchauffement est plus rapide au-dessus des continents et varie de façon très inégale selon les régions du monde et les saisons.

Mais les études sont insuffisantes pour comprendre les raisons et les conséquences des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents. Pour l’agriculture, les données manquent pour de nombreuses cultures et sur les risques liés à différents stress biotiques : maladies, ravageurs, parasites…

Il apparaît nécessaire d’évaluer les impacts du changement climatique sur tous nos territoires.

Cela permettrait à chacun de s’approprier des solutions et de définir les rôles des acteurs locaux et des collectivités territoriales.

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Systèmes de production de volailles, un nouvel envol

19 juin 2019

La volaille est devenue la première protéine animale consommée dans le monde. En effet, le coût de revient de cette production a diminué constamment depuis 30 ans. Mais cette filière mondialisée se heurte à des difficultés importantes : risques liés à la concentration des entreprises de sélection, dégradation de la qualité des viandes, développement des pathologies, dénonciation des systèmes intensifs de production.

Si la France a développé des productions de volailles de qualité (Label rouge, bio…), elle a perdu en grande partie sa capacité d’exportation par manque de compétitivité et importe aujourd’hui 40% de sa consommation de poulet. La reconquête des volumes importés est un enjeu majeur pour notre agriculture et les décisions politiques sont primordiales dans ce domaine.

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LES PROCHAINES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Les séances hebdomadaires (#seanceshebdos) de l’Académie d’agriculture de France se tiennent chaque mercredi de 14h30 à 17h00 (sauf en périodes de vacances scolaires).

Elles sont gratuites et accessibles à toutes et tous. 

Ce sont des moments « d’échanges privilégiés » avec des experts de renom sur les sujets traités.  

L’agenda complet de ces #seanceshebdos est disponible > En cliquant ici 

Voici la présentation de quelques-unes de ces futures séances :

Sciences participatives pour la forêt

2 octobre 2019

Les méthodes des « Sciences participatives » sont de plus en plus utilisées et les pouvoirs publics leur accordent un intérêt croissant. En effet, elles permettent de recueillir de nombreuses données dans l’espace et dans le temps, de façon fiable et économique. Elles rapprochent le citoyen du scientifique par le partage des objectifs, des méthodes, des connaissances et des résultats.

Cette séance académique proposera une réflexion globale sur le développement des sciences participatives dans le domaine forestier. Elle s’appuiera sur des illustrations d’interactions entre société civile (citoyens, associations) et recherche (chercheurs, organismes), tout au long du cycle de vie d’un projet.

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L’ouverture internationale de l’Académie d’agriculture : illustrations pluri-continentales

9 octobre 2019

Cette séance est organisée par le groupe de travail de l’Académie sur l’international. Quatre exemples de coopération seront présentés :

  • Les biotechnologies mises en œuvre pour valoriser et préserver la biodiversité au Costa Rica,
  • Les enjeux, défis et perspectives de l’aviculture en Côte d’Ivoire,
  • Nourrir les villes : une étude comparative franco – vietnamienne,
  • Le droit en matière de sécurité alimentaire : petites histoires de la coopération franco-québécoise.

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Les productions ornementales pourront-elles se passer des réducteurs de croissance ?

16 octobre 2019

La réduction des intrants en productions ornementales (plantes en pots vertes et fleuries, plantes à massifs, fleurs coupées, pépinières…) est une préoccupation déjà ancienne des horticulteurs. Dans ces cultures majoritairement hors sol et sous abris, la protection intégrée est utilisée depuis longtemps, de même que le recyclage des solutions nutritives ou la récupération des eaux de pluies.

Cependant, des produits nanifiants, appelés réducteurs de croissance, sont encore d’utilisation courante. Leur suppression est la question centrale de cette séance académique.

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Cycle global du carbone, contributions du système terrestre

6 novembre 2019

Le cycle global du carbone est l’ensemble des mécanismes planétaires qui régulent la teneur en CO2 de l’atmosphère. L’augmentation de cette teneur, cause du changement climatique, est principalement liée à l’utilisation de carbone fossile pour produire de l’énergie.

Aujourd’hui, l’ensemble des écosystèmes terrestres absorbent environ 30% des émissions de CO2 fossile. L’accord de Paris sur le climat vise un réchauffement inférieur à 2°C. Les émissions nettes de CO2 doivent donc être réduites de façon très importante.

Ainsi, cette séance abordera plusieurs scénarios économiques pour améliorer les réductions d’émissions. Il s’agit soit de produire de la biomasse énergie, soit d’augmenter la séquestration du carbone dans la biomasse et les sols.

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LES AUTRES INITIATIVES DE L’ACADÉMIE

Deux journées bien remplies à la foire de Châlons-en Champagne (Marne)

02 et 03 septembre 2019

Durant ces deux journées :

• Constant Lecoeur, Secrétaire perpétuel et Michel Morel, membre de le Section « Agrofournitures », assistés de Philippe Kim-Bonbled, délégué à la communication de la Compagnie, ont tenu un stand dans l’espace « lebuzz by pavillon du futur » sur la foire.

• Le Trophée Dellenbach de l’Académie a été remis à un cadre de la société Carbon Bee par le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation en personne, qui lui s’est fait offrir à cette occasion, par Constant Lecoeur, « Le grand livre de notre alimentation » écrit par 25 Académiciens.

> Revivre ces deux journées en photographies

Visites découvertes de l’Académie d’agriculture de France

21 et 22 septembre 2019

Dans le cadre des journées européennes du patrimoine, l’Académie d’agriculture de France ouvre ses portes les 21 et 22 septembre 2019, pour la troisième année consécutive.

Les participants découvriront les lieux, les missions et activités de l’Académie, son passé historique, ses hommes célèbres, sa bibliothèque, son fonds documentaire et ses livres rares.

Des animations théâtralisées permettront d’aller « à la rencontre d’Olivier de Serres, agronome et visionnaire du XVIe siècle » et de connaître ses travaux sur la soie et ses méthodes de production toujours d’actualité.

INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES.

> En savoir plus sur ces visites et y venir

LES INITIATIVES DES PARTENAIRES DE L’ACADÉMIE

Érosion de la biodiversité : vrai ou faux

Réunion tenue le 6 juin 2019 de 8h30 à 10h00 – Paris 1er

Les représentants de 131 Etats se sont réunis à Paris du 29 avril au 4 mai 2019 sur le thème de la biodiversité. En effet, la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques (IPBES) a constaté une érosion inquiétante de la biodiversité dans de nombreuses régions du monde. Cette érosion concerne de très nombreuses espèces. En France métropolitaine, 14% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux nicheurs, 22% des poissons et 28% des crustacés d’eau douce sont menacés.

Comment préserver cette biodiversité ? Quel est le rôle de l’activité agricole dans cette biodiversité ?

Lors d’un petit déjeuner organisé le 6 juin 2019 par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture de France (4AF), André Fougeroux, membre de l’académie, a dressé un état des lieux documenté devant des participants nombreux et très attentifs.

Il a énuméré les multiples raisons de la régression de la biodiversité, en prenant pour exemple les modifications dans l’espace agricole : réorganisation des parcelles (remembrement), diminution des surfaces de prairies et de cultures fourragères (luzerne, trèfle violet…), augmentation des terres labourables, simplification des assolements, régression des zones humides, disparition des haies et des arbres isolés…

Mais l’agriculture peut également enrichir la biodiversité : biodiversité biologique des sols (avec les assolements et rotations, jachères, inter-cultures, engrais verts…), diversité botanique (en bords de champs, chemins, haies, bois, talus, clôtures…), diversité de la microfaune (par des zones fleuries, zones de nidifications, corridors…), diversité de la macrofaune (zones refuges, espèces protégées…).

André Fougeroux a rappelé sous forme d’exemples, que l’érosion de la biodiversité est réversible. Elle nécessite de bonnes pratiques agricoles et agroécologiques, une planification paysagère multifonctionnelle (pour la sécurité alimentaire, le maintien des espèces et les fonctions écologiques) et un engagement fort et généralisé de tous les acteurs : producteurs, services publics, société civile, consommateurs…

Comme pour la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité passe par le développement durable auquel chacun peut contribuer.

> En savoir plus (4AF – onglet actualités)

Le « tout bio » est-il possible ?

8 octobre 2019 de 8h30 à 10h à l’Académie d’agriculture

Le « tout bio » est-il possible ? A cette question récurrente, les réponses divergent. Pour éviter toute utopie, il est essentiel d’être rigoureux et factuel. Ce thème a déjà fait l’objet d’un ouvrage collectif auquel une douzaine de membres de l’Académie d’agriculture avaient participé.

Les auteurs soulignaient l’apport de l’agriculture biologique à la durabilité de l’agriculture et à la qualité de l’environnement. Toutefois les rendements généralement plus faibles en agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle interrogent sur la capacité du « tout bio » à répondre aux défis alimentaires d’une population mondiale croissante.

Bernard Le Buanec, qui avait coordonné cet ouvrage, interviendra lors de ce prochain petit déjeuner organisé par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture de France (4AF). C’est l’occasion pour chacun de nous de faire le point sur la place de l’agriculture biologique qui est en constante évolution.

> En savoir plus (4AF – onglet actualités)

ANALYSES DE THÈSES ET COMMUNICATIONS DE RECHERCHE DE JEUNES CHERCHEURS

Vous venez de passer votre thèse, manifestez-vous ! Vous pourrez alors candidater pour une médaille d’argent. Contactez, pour ce faire : Anne-Marie Hattenberger (am.hattenberger.alfort@wanadoo.fr)

> En savoir plus sur les thèses

Vous voulez écrire une communication de recherche si vos travaux présentent des résultats innovants et originaux. Vous trouverez les instructions rédactionnelles à respecter sur le site Internet de l’Académie.

> En savoir plus sur les communications de recherche

 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES AVIS, RAPPORTS, POINTS DE VUE D’ACADÉMICIENS ET NOTES ACADÉMIQUES 

Les Avis, Rapports, Points de vue d’Académiciens et Notes académiques sont les synthèses de travaux collectifs de groupes de travail issus de l’Académie d’agriculture de France ou communs à plusieurs Académies

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici , pour les Avis > En cliquant ici , pour les Points de vue d’Académiciens et En cliquant ici , pour les Notes académiques

L’élevage européen peut-il se passer du soja américain ?

La dépendance de l’élevage européen au soja américain résulte d’un ancien accord entre l’Europe et les Etats-Unis leur donnant accès au marché européen des protéines végétales, en quantité non limitée et sans taxe.

Ni l’embargo des Etats-Unis sur le soja en 1973, ni les multiples « plans Protéines » européens depuis 40 ans n’ont permis de corriger cette dépendance.

Aujourd’hui, la question de l’importation de soja en France et en Europe, revient en force dans l’actualité. En effet, la guerre commerciale USA-Chine a réduit les exportations de soja américain qui se sont davantage orientées vers l’Europe. Mais en moins de 20 ans, l’essentiel de la production de soja américain est OGM. Parallèlement, une majorité de consommateurs européens est opposée aux aliments OGM, et les filières d’élevage non OGM se développent rapidement.

Enfin, le soutien des présidents Bolsonaro et Trump à l’agro-export aux dépens de la forêt amazonienne et du climat choque les opinions publiques dont les attentes sociétales vis-à-vis de l’alimentation et de l’environnement sont de plus en plus affirmées.

Six membres de l’Académie d’agriculture viennent donc de s’exprimer sur notre dépendance actuelle et présentent des « propositions devant contribuer à ce que l’Union Européenne retrouve rapidement son autonomie ».

Une séance de l’Académie d’agriculture aura lieu le 1er avril 2020 pour présenter de façon détaillée l’état de cette dépendance, par pays et par filière, et ouvrir vers d’autres modèles d’élevage et d’alimentation.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES POTENTIELS DE LA SCIENCE POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

La rapidité des avancées scientifiques est actuellement considérable.

Ainsi, un groupe d’académiciens de différents horizons a pour mission d’étudier les nouvelles capacités de la science au profit de la production et de la qualité des produits, de leur conservation, mais aussi de la préservation de l’environnement.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES ARTICLES

Des articles portent sur des sujets très précis dans les domaines d’activités de l’Académie d’agriculture de France. Ils sont rédigés par des académiciens ou des personnalités externes présentées par un membre de la Compagnie.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques articles récents :

Le rôle de la science dans la transformation de notre agriculture

Gil Kressmann, économiste et membre de l’Académie d’agriculture de France a tenu le 14 juin 2019 à Agen une conférence sur le rôle de la science en agriculture.

En introduction, il a rappelé que les Français sont devenus l’un des peuples les plus pessimistes du monde. Ils sont en effet soumis en permanence à des informations catastrophiques sur la pollution, le nucléaire, le climat mais aussi sur les médicaments, les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules, les vaccins, les antennes relais, la dégradation de l’alimentation, de la biodiversité…

L’agriculture n’est pas épargnée avec la mise en cause des engrais « chimiques », des pesticides, de la sélection variétale, des méthodes d’élevage. Plus largement, la défiance des Français s’exprime envers les médias, les scientifiques et les experts, les industriels…

Gil Kressmann regrette que « les décisions de nos gouvernants se prennent plus souvent en fonction de l’état de l’opinion qu’en fonction d’une analyse scientifique qui compare les bénéfices et les risques de l’innovation ».

L’académicien va ensuite développer le rôle essentiel de la science dans nos agricultures pour nourrir les populations et répondre aux défis climatiques et environnementaux.

En conclusion, il milite pour une agriculture audacieuse dans ses transitions, mieux comprise, considérée et soutenue, et bénéficiant de nombreuses innovations. « Loin d’arrêter le progrès dans notre agriculture, il faut bien au contraire y favoriser l’émergence rapide des avancées technologiques en investissant dans la recherche et en redonnant des marges de manœuvre à nos chercheurs qu’ils soient de la recherche publique ou de la recherche privée ».

Par Gil Kressmann, Membre de l’Académie d’agriculture de France

Rapport spécial du GIEC sur les liens entre le changement climatique et les surfaces continentales

Le 8 août 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport spécial sur les liens entre le changement climatique et les surfaces continentales.

Nathalie de Noblet-Ducoudré, membre de l’Académie d’agriculture de France et sa collègue Valérie Masson-Delmotte de l’Institut Pierre Simon Laplace, institut de recherche en sciences de l’environnement, ont résumé ce rapport dans un article.

Elles rappellent tout d’abord l’urgence d’agir, sinon « nous prenons le risque de franchir des points de non-retour ».

Ce dernier rapport du GIEC montre que de nombreuses solutions sont identifiées pour la gestion des sols et en souligne des aspects positifs : « La plupart des options proposées ont des retombées positives et très peu de conséquences négatives. Ainsi, les efforts d’atténuation du changement climatique par le reforestation ou l’afforestation limitent également la dégradation des terres et favorisent le développement de la biodiversité. Ils ont aussi l’avantage de diminuer les températures au niveau régional pendant la saison de croissance et de réduire l’amplitude des extrêmes de chaleur en réponse à une augmentation de l’évapotranspiration ».

« Toutefois, plusieurs décennies sont nécessaires aux arbres et aux sols pour qu’ils soient des réserves de carbone efficaces. L’augmentation, avec le réchauffement climatique, de risques de dommages tels que les feux de forêt, les attaques parasitaires, les maladies, conduit à des relargages de carbone qui ralentissent l’efficacité du stockage ».

Les experts soulignent que les terres fertiles doivent être réservées prioritairement aux productions alimentaires.

En conclusion de leur article, les auteurs mettent en avant « qu’une meilleure gestion des terres jouera un rôle important dans la lutte contre le changement climatique, mais il met aussi très clairement en évidence que, sans une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs d’activité, nous ne parviendrons pas à maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C. La terre doit en effet rester productive pour maintenir la sécurité alimentaire ».

Par Nathalie de Noblet-Ducoudré, membre de l’Académie d’agriculture de France et Valérie Masson-Delmotte de l’Institut Pierre Simon Laplace, institut de recherche en sciences de l’environnement

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LA FORET ET LE BOIS EN FRANCE EN 100 QUESTIONS

L’encyclopédie « La forêt et le bois en 100 questions » est née du besoin d’une meilleure information sur la forêt française et ses enjeux. Il s’agit d’une publication collective, en 10 chapitres, sous forme de fiches, dont les rédacteurs sont des membres de l’Académie ou des experts extérieurs.

Vous trouverez l’intégralité de la publication > En cliquant ici

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES REPÈRES

Ce sont des fiches pédagogiques très synthétiques comprenant un graphique commenté qui apporte un éclairage novateur sur un sujet concernant l’agriculture.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES QUESTIONS SUR…

Ce sont des fiches de synthèse sur des questions d’intérêt général. Elles permettent d’appréhender simplement un sujet complexe ou peu connu.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

Voici, ci-après, la présentation du contenu d’une ou plusieurs fiches:

Aquaculture et pisciculture : quelles caractéristiques, quels enjeux ?

Avec 120 millions de tonnes, la viande de volaille passe en tête devant la viande porcine et devient la première viande consommée dans le monde. Les principales raisons sont les qualités nutritionnelles, l’absence d’interdit religieux et sa facilité de production dans les pays en développement.

Les échanges mondiaux concernent essentiellement des découpes de volailles standards et à ce niveau la compétitivité est déterminante : coûts du maïs, du soja, de la main d ‘œuvre…

Dans les pays développés, les attentes sociétales : bien-être animal, sans antibiotique, sans OGM… se traduisent par une segmentation des marchés. La France, avec plus de 15% de poulets Label Rouge et bio, demeure leader sur les productions de plein air.

Cette fiche a été rédigée par René Lésel, membre de l’Académie d’agriculture de France.

A NOTER AUSSI…

L’Académie d’agriculture vous propose sur son site Internet un calendrier de l’actualité de l’agriculture, de l’environnement et de l’alimentation. Ce calendrier est mis à jour avec les événements qui sont portés à la connaissance de l’Académie.

Vous trouverez ci-dessous quelques informations d’actualité :

  • Publication de l’étude « Stocker 4 pour 1000 de carbone dans les sols : le potentiel en France » – Inra – juin 2019

  • Rapport « Objectif Zéro artificialisation nette : quels leviers pour protéger les sols ? » – juillet 2019

  • Dans le cadre du plan Biodiversité, mise en place du groupe de travail partenarial pour lutter contre l’artificialisation des sols. L’enjeu est de « formuler un nouveau mode de développement soutenable pour habiter autrement nos territoires, en s’adaptant aux réalités et contextes locaux » – juillet 2019

  • « La nature sous pression – Pourquoi la biodiversité disparaît ? » titre du bilan 2019 de l’observatoire national de la biodiversité – juillet 2019

  • Parution de la lettre de veille du Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation – juillet 2019

  • Diffusion du rapport d’activité 2018 à la Chaire Aliment Nutriment Comportement Alimentaire – juillet 2019

  • Publication d’un dossier sur la « sécurité sanitaire des aliments : comprendre le dispositif de contrôle et de veille » – Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation – juillet 2019

  • Rapport sur la lutte contre le gaspillage alimentaire remis à l’Assemblée nationale – Juillet 2019

  • Publication du rapport d’activité 2018 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dont « l’un des enjeux essentiels est de conserver sa force de frappe scientifique, qui fait sa renommée et sa crédibilité » – juillet 2019

  • Parution du rapport d’activité 2018 du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) – juillet 2019

  • Parution du bilan d’activité 2015-2019 d’Agreenium, Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France – juillet 2019

  • Communiqué du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation concernant le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur la désertification et la dégradation des terres dans le monde – août 2019

  • Conférence sur l’amélioration de l’autonomie protéique des élevages de l’Ouest – présentation du programme de recherche et d’expérimentation de SOS PROTEIN – 11 septembre 2019 au Space de Rennes

  • Remise de prix de Graines d’agriculteurs 2019 – « Découvrez les talents qui lient agriculture et gastronomie » – 6 au 8 septembre 2019 au Puy-en-Velay

  • Les entretiens agronomiques du Pradel (Ardèche). Ils feront référence à l’œuvre d’Olivier de Serres (1539 – 1619) – du 23 au 25 septembre 2019

  • « Un jeu sérieux pour expliquer l’élevage ». Il s’agit d’un concours lancé par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Avenir Elevages auprès des élèves de l’enseignement agricole secondaire, public et privé – I inscriptions en septembre 2019

  • Séminaire « flux de matières premières en alimentation animale. Ce travail porté par le GIS Avenir Elevages doit servir aux objectifs d’autonomie alimentaire et protéique, à l’efficience et à la durabilité de l’alimentation animale – 8 octobre 2019 – INRA Paris

  • Session du diplôme universitaire « Droit de la vigne et du vin » à partir du 18 octobre 2019 – Nombre de places limité à 15 personnes – Paris

  • Rencontres « de la fertilisation azotée et de l’analyse » du Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée (Comifer) – 20 et 21 novembre 2019 – Dijon

  • Concours Make IT Agri ouvert aux étudiants des grandes écoles d’ingénieurs sur des projets pour une agriculture durable – date limite de dépôt des dossiers le 15 novembre 201

> En savoir plus sur ces informations

 LES OUVRAGES PROPOSÉS PAR L’ACADÉMIE

Vous avez apprécié un ouvrage. Pour qu’il puisse paraître dans ce chapitre, 
contactez : Christine Ledoux (
christine.ledoux@academie-agriculture.fr)

Les ouvrages présentés sur le site Internet de l’Académie d’agriculture de France ont été lus très attentivement par un Académicien. Vous disposez ainsi d’une analyse, qui vous permettra de mieux appréhender son contenu et connaître tout ce qu’il peut vous apporter.

> En savoir plus

Le Grand Livre de notre alimentation

La nature et la qualité de notre alimentation fait débat. Les médias s’en nourrissent avec l’animation des querelles et de controverses, mais aussi des émissions de conseil « pour bien manger ».

Au final, que penser des produits allégés, du gluten, des oméga 3, des surgelés, des OGM… ? Faut-il encore consommer du pain, de la viande, des poissons et fruits de mer ?

Face à toutes ces interrogations et inquiétudes, 25 experts de l’Académie d’agriculture de France ont composé « Le grand livre de notre alimentation ». Cet ouvrage, bien structuré, aborde de nombreux sujets en répondant à 100 questions courantes. Les auteurs nous invitent également à prendre du recul : « Nous pouvons manger du beurre, mais pas trop. Nous pouvons manger des frites, mais pas à tous les repas. Nous devons manger des légumes, mais sans excès. Privilégier un aliment, c’est déséquilibrer le régime, dont on n’oublie pas qu’il doit apporter à l’organisme tous les composés dont ce dernier a besoin : eau, protéines, graisses, sucres, vitamines, minéraux, oligoéléments et tout le reste, aux divers stades de la vie »

La fin de l’ouvrage est consacrée aux grandes questions pour l’avenir : Pourra-t-on nourrir 10 milliards d’êtres humains ? Comment éviter le gaspillage alimentaire ? Comment produire dans un contexte de crise liée aux énergies fossiles ? Les allergies alimentaires sont-elles en progression ?

Dans ce livre, les académiciens ont exclu toute idéologie, et présentent des faits, étayés par les publications scientifiques et technologiques les plus récentes.

> En savoir plus sur l’ouvrage

Piscicultures du monde – Aujourd’hui et demain

L’accroissement de la population mondiale pose des questions majeures concernant son alimentation. Aujourd’hui, la contribution de l’aquaculture à l’alimentation humaine dans le monde atteint celle de la pêche. La production mondiale de l’aquaculture devrait être de 110 millions de tonnes en 2025, alors qu’elle n’était que de 73 millions en 2014.

Un vrai challenge pour de nombreux pays qui pourraient ainsi réduire leur dépendance alimentaire.

Jérôme Lazard, membre de l’Académie d’agriculture de France, a une riche expérience qu’il partage dans son ouvrage. Il aborde des sujets essentiels : la maîtrise de l’alimentation des élevages, le développement d’une aquaculture durable, la gestion de la biodiversité des espèces. Il préconise de nouvelles approches dans la recherche d’espèces d’intérêt aquacole en utilisant les apports récents de la génétique moléculaire, de la génomique et de la bio-informatique.

Son ouvrage, riche et d’une grande clarté, est un document de référence pour tous les chercheurs et les acteurs de la pisciculture.

Une offre de souscription est proposée à un prix réduit jusqu’au 10 octobre 2019.

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 EN DÉBAT…

Retour sur Cash Investigation « fruits et légumes »

Léon Guéguen, membre de l’Académie d’agriculture de France, étudie depuis des années l’évolution de la composition en minéraux, oligoéléments ou vitamines des fruits et légumes. Il avait déjà publié en mai 2017 dans la revue de l’Académie d’agriculture de France son étude sur l’évolution en 60 ans de la valeur nutritionnelle d’une série de légumes : poireau, laitue, chou vert, haricot vert, carotte, tomate, pomme de terre, haricot blanc sec.

A la suite de l’émission Cash Investigation parue sur France 2 le 18 juin 2019, il dénonce les méthodes de la réalisatrice de l’émission et les informations très orientées sur les fruits et légumes, qui, au fil du temps, auraient été « vidés d’une bonne partie de leurs nutriments ».

Léon Guéguen nous présente ainsi un récit édifiant sur des coulisses de l’émission… et nous rassure sur la qualité de nos fruits et légumes.

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Le traitement de l’information scientifique dans les médias

En juillet 2019, un collectif de scientifiques, journalistes et citoyens ont lancé un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias. Cet appel a été lancé simultanément au Canada, en Suisse, en Belgique et en France.

En voici quelques extraits :

« A l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyens… ».

« Dans une démocratie, les journalistes portent une lourde responsabilité puisque, de la liberté dont ils disposent ainsi que de la qualité de l’information livrée, dépend la qualité du débat public et des choix qui en découlent. La méthode scientifique, de son côté, permet de produire des connaissances fiables pouvant servir de base de réflexion pour les politiques publiques portant sur des questions complexes telles que l’alimentation, la santé publique ou l’écologie. Il apparaît alors évident que la communauté scientifique et les journalistes doivent travailler la main dans la main… ».

Cet appel de 250 signataires autour du collectif NoFakeScience trouve un large écho. Fin août, il a déjà été repris par environ 5000 personnes, en particulier par des scientifiques, des chercheurs, des enseignants et étudiants, des ingénieurs, des médecins et des vulgarisateurs.

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