6 novembre 2020 Cédric de Solenvie

Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 58 (novembre 2020)

Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 58 (novembre 2020)

Le Mensuel

N°58 / Novembre 2020

À LA UNE

Anna Samoyloya -                                            Unsplash

Le Programme alimentaire mondial (PAM) reçoit le prix Nobel de la paix 2020

L’agriculture a bien pour première fonction d’être nourricière en offrant des produits sains, pouvant se conserver, pour répondre aux besoins alimentaires des hommes et de leurs animaux d’élevage. L’agriculture est sans conteste l’activité humaine la plus ancienne, après la chasse, la cueillette et sans doute la guerre, où la faim est souvent une des armes les plus implacables, poussant à la plus extrême barbarie.

Huit cents millions de personnes ont faim

Malgré les progrès exceptionnels de la production agricole mondiale, qui a été capable de satisfaire la demande générée par la croissance démographique des deux derniers siècles, ceux qui ont faim sont toujours aussi nombreux en 2020 qu’en 1950. Huit cents millions de personnes ne peuvent pas couvrir leurs besoins énergétiques de base, et le pronostic vital est engagé pour près de cent trente millions d’entre elles.

Des membres de l’Académie aux côtés du PAM

La faim est une réalité insupportable, contre laquelle le Programme alimentaire mondial (PAM) se bat en mobilisant des moyens considérables pour nourrir quotidiennement près de cent millions de personnes, dont dix-sept millions d’enfants dans les cantines scolaires qu’il a implantées dans une petite centaine de pays. De nombreux membres de notre Académie se rappellent l’engagement et la force de conviction de notre confrère Michel Cépède pour rendre disponible pour tous une production agricole croissante mais inégalement accessible. Il présida le Comité français de la campagne mondiale contre la faim, puis le Comité des programmes de la FAO, un des partenaires constitutifs du PAM avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés. Il contribua à mobiliser les entreprises et les services publics pour soutenir l’action du PAM.

L’alimentation, un enjeu de plus en plus essentiel

L’Académie se réjouit à plus d’un titre de l’attribution cette année du prix Nobel de la paix au PAM. Cette distinction n’est pas seulement la reconnaissance des actions humanitaires entreprises depuis la création du Fonds, lancé en novembre 1961. Elle démontre son importance à l’heure où le changement climatique accroît les menaces sur la paix et sur l’offre alimentaire tandis que la démographie reste en augmentation. Soulignons enfin l’importance de ce prix Nobel alors que se met en place un Sommet des Nations Unies pour les systèmes alimentaires qui se tiendra fin 2021, traduisant une mise à l’agenda de l’alimentation et des questions qui l’accompagnent dans ses différentes dimensions.

Des nouvelles technologies doivent permettre d’accroître l’offre alimentaire

L’attribution de ce prix Nobel de la paix rejoint celle du prix Nobel de chimie. Oui le Programme alimentaire mondial, pérennisé en 1963 alors qu’il avait été créé pour seulement trois ans, devenu premier acteur de la lutte contre la faim, doit poursuivre sa mission en mobilisant quotidiennement cinq mille camions, une centaine d’avions et une trentaine de navires. Mais oui, l’agriculture devra aussi domestiquer les technologies qui, grâce « aux ciseaux moléculaires » primés par le Nobel de chimie, ouvrent des perspectives révolutionnaires pour accroître l’offre alimentaire. Une troisième révolution agricole : « Une révolution vraiment verte ».

 

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The World Food Programme (WFP) receives the Nobel Peace Prize 2020

The primary function of agriculture is indeed to provide food by offering healthy products, which can be preserved, to meet the dietary needs of humans and their livestock. Agriculture is undoubtedly the oldest human activity, after hunting, gathering and probably war, where hunger is often one of the most implacable weapons, pushing to the most extreme barbarity.

Eight hundred million people are hungry

Despite the exceptional progress in world agricultural production, which has been able to meet the demand generated by the population growth of the last two centuries, there are still as many hungry people in 2020 as there were in 1950. Eight hundred million people are unable to meet their basic energy needs, and the prognosis for nearly one hundred and thirty million of them is life-threatening.

Members of the Academy alongside WFP

Hunger is an unbearable reality, which the World Food Programme (WFP) is fighting by mobilising considerable resources to feed nearly one hundred million people every day, including seventeen million children in the school canteens it has set up in a little over a hundred countries. Many members of our Academy remember the commitment and strength of conviction of our colleague Michel Cépède to make increasing but unequally accessible agricultural production available to all. He chaired the French Committee of the World Campaign Against Hunger, then the Programme Committee of the FAO, one of the constituent partners of the WFP along with the High Commissioner for Refugees. He helped to mobilise businesses and public services in support of WFP’s action.

Food, an increasingly essential issue

The Academy is delighted in more than one way that the WFP has been awarded the Nobel Peace Prize this year. This distinction is not only recognition of the humanitarian actions undertaken since the creation of the Fund, launched in November 1961. It demonstrates its importance at a time when climate change is increasing threats to peace and food supply while demographics continue to rise. Finally, the importance of this Nobel Prize should be underlined at a time when a United Nations Summit on Food Systems is being set up at the end of 2021, reflecting the fact that food and its various dimensions are being put on the agenda.

New technologies should make it possible to increase food supply

The awarding of this Nobel Peace Prize joins that of the Nobel Prize for Chemistry. Yes, the World Food Programme, which was established in 1963 for only three years and became the leading player in the fight against hunger, must continue its mission by mobilising five thousand trucks, a hundred planes and thirty ships every day. But yes, agriculture will also have to domesticate the technologies which, thanks to the « molecular scissors » awarded by the Nobel Prize in Chemistry, open up revolutionary prospects for increasing the food supply. A third agricultural revolution: « A truly green revolution ».

 

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Jean-Jacques Hervé et Jacques Brulhet, membres de l’Académie d’agriculture de France

L’INFORMATION DU MOIS

Anna Samoyloya -                                            Unsplash

Le Grand Livre des arbres et de la forêt 

La forêt et les biens et services variés qu’elle fournit à nos sociétés font l’objet d’un intérêt croissant de la part de nos concitoyens. Il se manifeste par une floraison d’expressions dans la presse écrite ou audiovisuelle, d’ouvrages, films documentaires, fictions, conférences, etc. Ces expressions mélangent parfois poésie et réalité, positions personnelles et science.

« La forêt et le bois en 100 questions » en ligne

En 2015, l’Académie d’agriculture de France, fidèle à sa mission de « partage du savoir », a pris l’initiative d’élaborer un ouvrage numérique, consultable en ligne : « la forêt et le bois en 100 questions ». A l’interface entre science et société, il revisite les idées reçues et comble des vides de connaissances. Il veut permettre aux citoyens de participer à des échanges collectifs dans lesquels la prise de parole n’est plus laissée à la compétence des seuls techniciens ou spécialistes, ou à des médias délivrant des messages partiels ou partiaux. Ce travail, fruit de l’expertise d’une quarantaine d’auteurs (académiciens et experts extérieurs) est pleinement opérationnel. Il continue d’être enrichi et régulièrement mis à jour.

« Le Grand Livre des arbres et de la forêt » aujourd’hui disponible pour tous

Pour accroître encore la diffusion des riches informations rassemblées, l’Académie a souhaité en 2020 publier un livre reprenant une partie significative de l’encyclopédie numérique, sous une forme simplifiée et plus compacte, tout en autorisant une lecture cursive. Le livre s’est efforcé de rendre accessibles au grand public des notions parfois complexes. Cette œuvre est donc désormais proposée au lecteur dans « Le Grand Livre des arbres et de la forêt » qui vient de paraître aux Éditions Odile Jacob.

Les atouts majeurs des forêts

L’ouvrage arrive à point nommé dans un contexte où des changements de paradigme sont attendus aussi bien dans nos modèles économiques que dans la vision de la forêt par la société. Les forêts et les filières industrielles qu’elles approvisionnent ont des atouts majeurs à faire valoir dans la perspective d’une économie « bas carbone » et de la création d’emplois. Les forêts sont la source de biomatériaux et de bioénergie, qui se substituent désormais aux matériaux et énergies issus du carbone fossile. Elles hébergent une biodiversité remarquable et jouent un rôle clé dans les grands cycles biogéochimiques (carbone, eau). A ce titre, elles contribuent significativement à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Elles participent à la protection des infrastructures et des activités humaines vis-à-vis des risques naturels (avalanches, érosion, mouvement des dunes, risques hydrologiques).

Sources d’inspiration culturelle (littérature, peinture, mythologie) et religieuse, les forêts sont enfin un réservoir de « nature » pour une société de plus en plus urbanisée. Cependant les changements climatiques, économiques et sociétaux (utilisation des terres) font peser nombre d’incertitudes, voire de menaces, sur leur futur (incendies, dépérissement, pullulation d’insectes).

Par cet ouvrage qui différencie clairement ce qui est du domaine légitime de la poésie et de la croyance de ce qui est du domaine de la science et de la réalité, notre ambition est de mettre à disposition de chacun des clés de lecture pour la connaissance, la compréhension, le débat et l’action, au service d’un bien commun qui nous est cher et qui doit servir de multiples intérêts au bénéfice de tous.

Yves Birot, Georges-Henri Florentin, Bernard Roman-Amat, Jean-Yves Henry, membres de l’Académie d’agriculture de France

> En savoir plus et commander l’ouvrage

HOMMAGE

Anna Samoyloya -                                            Unsplash

L’Académie d’agriculture de France a pour devise « Une passion Connaître, une ambition Transmettre ».

Elle partage cette ferme volonté avec tous les enseignants et les chercheurs et rend hommage aujourd’hui à Samuel Paty, sauvagement assassiné pour avoir fait partager sa soif de savoir et sa passion pour enseigner la liberté et le vivre ensemble.

Rappelons également les propos du Président de la République, protecteur de l’Académie d’agriculture de France :

« Nous continuerons, Professeur. Avec tous les instituteurs et professeurs de France, nous enseignerons l’Histoire, ses gloires comme ses vicissitudes. Nous ferons découvrir la littérature, la musique, toutes les œuvres de l’âme et de l’esprit. Nous aimerons de toutes nos forces le débat, les arguments raisonnables, les persuasions aimables. Nous aimerons la science et ses controverses. Comme vous, nous cultiverons la tolérance. Comme vous, nous chercherons à comprendre, sans relâche, et à comprendre encore davantage cela qu’on voudrait éloigner de nous. Nous apprendrons l’humour, la distance. Nous rappellerons que nos libertés ne tiennent que par la fin de la haine et de la violence, par le respect de l’autre ».

Constant Lecoeur, Secrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture de France

LES PRÉCÉDENTES SÉANCES 

DE L’ACADÉMIE 

En raison des mesures sanitaires de prévention contre la Covid-19, l’Académie d’agriculture de France a continué à organiser ses séances en visioconférence, cet automne. 

« Innovation en agriculture, réflexion sur le progrès »    

30 septembre 2020 – en webinaire

Le progrès présentait autrefois une démarche patiente de l’humanité. Mais aujourd’hui, dans tous les domaines, le temps presse et la société s’impatiente. L’innovation est devenue majeure pour répondre aux attentes.

L’idée de progrès a perdu de son prestige et de son rôle. La question actuelle est de savoir si les progrès des sciences et des technologies vont de pair avec le progrès dans la société.

La conclusion a permis de réaffirmer l’incontournable partenariat de la technologie et de la science, de la recherche appliquée et de la recherche fondamentale.

> Revivre le webinaire 

« Tassement des sols : propriétés mécaniques et analyse des déterminants du risque, conséquences et solutions correctives »   

07 octobre 2020 – en webinaire

Le tassement des sols dépend de l’évolution et de la diversité des pratiques culturales. C’est une question importante depuis la généralisation de la mécanisation en agriculture à partir des années 1950. Les charges élevées conduisent à un tassement des sols en profondeur, préjudiciable et peu réversible.

Au cours de cette séance, différentes voies ont été abordées : réduire les contraintes du sol liées au passage des engins (poids des chantiers, pneumatiques…), adapter les systèmes de culture (rotations, couverts végétaux), améliorer la prévision des jours disponibles, localiser le passage des roues…

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« Science et confiance: une question renouvelée »   

14 octobre 2020 – en webinaire

Cette séance a examiné les ressorts de la confiance dans la science, qu’il s’agisse d’alimentation, d’environnement ou encore de santé. Nous vivons dans une époque de concurrence entre les connaissances, les croyances et les ignorances et l’avancée des connaissances renforce la difficulté de comprendre la complexité du monde.

La crise Covid-19 montre que les connaissances sont toujours partielles, provisoires et peuvent être rapidement contredites. Les scientifiques peuvent avoir des points de vue différents et il n’y a pas de vérité absolue. Ainsi, les communautés scientifiques ont une importante responsabilité pédagogique car « la confiance ne se décrète pas, elle se gagne ».

> Revivre le webinaire

« Diversité génétique au sein des espèces et résilience des systèmes agronomiques »     

4 novembre 2020 – en webinaire

La diversité génétique des espèces domestiquées pourrait être un enjeu important en gestion des milieux naturels, des cultures et forêts. Cette diversité peut déterminer rendement, résistance aux ennemis des cultures, résilience face aux aléas climatiques…

L’objectif de cette séance académique est de faire le point sur les faits, les recherches et les perspectives dans ce domaine. Les intervenants présenteront en particulier la gestion adaptative des forêts, la sélection participative pour le blé tendre et la diversité génétique en potagères pour répondre aux attentes des marchés.

> Revivre (très bientôt) le webinaire

LES PROCHAINES SÉANCES 

DE L’ACADÉMIE 

En raison des mesures sanitaires de prévention contre la Covid-19, l’Académie d’agriculture de France continue à organiser ses séances en visioconférence, cet automne. 

Vous pouvez consulter le programme complet, qu’elle propose avec son partenaire Agreenium, ET VOUS INSCRIRE  > ici 

« Carbone, terres, eau et transition agricole durable – quelles options et quelles visions, du Nord au Sud ? »     

18 novembre 2020 – en webinaire

Les agricultures du futur vont devoir « en même temps » assurer la sécurité alimentaire d’une population croissante, préserver les ressources naturelles et l’environnement, atténuer le changement climatique, séquestrer plus de carbone et produire davantage de biomatériaux et de bioénergies. Les rapports du GIEC soulignent le besoin d’une autre utilisation des terres et de l’eau et de l’intérêt des « systèmes agricoles intégrés durables ».

L’objectif de cette session internationale est de mettre en débat les futurs possibles de l’agriculture dans différents contextes géographiques et politiques.

> S’inscrire (prochainement) au webinaire

« Les filières fruits et légumes françaises : diagnostic de compétitivité, stratégies et leviers d’action »     

25 novembre 2020 – en webinaire

En France, les filières fruits et légumes représentent près de 500 000 emplois directs. Cependant, la production globale de fruits et légumes frais tend à s’éroder et ces filières affichent un déficit commercial croissant.

L’objectif de cette séance est donc d’envisager différentes stratégies et leviers d’action. En particulier, si la montée en gamme semble intéressante, permettra-t-elle de répondre à une part suffisante de la demande et de réduire les importations de la France en fruits et légumes frais ?

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« La biodiversité marine : un atout pour l’alimentation humaine ? »     

2 décembre 2020 – en webinaire

La biodiversité marine est un atout pour l’alimentation humaine future. En effet, les ressources en protéines d’origine terrestre seront peut-être insuffisantes à la fin du XXIe siècle. Or les océans présentent un immense potentiel, par leurs superficies et la variété de leurs écosystèmes : 600 espèces d’organismes (algues, invertébrés, poissons, oiseaux, mammifères) entrent déjà dans l’alimentation humaine.

Mais dans un contexte de surpêche, de pollution, d’acidification et de changement climatique, cette séance nous invite à revisiter de fond en comble nos conceptions sur la gestion et l’exploitation des ressources marines.

> S’inscrire prochainement au webinaire

« Les savoirs empiriques appliqués à la transition agricole »     

9 décembre 2020 – en webinaire

Au cours des temps, les agriculteurs ont élaboré de nombreuses pratiques adaptées à des conditions contraignantes et dans des systèmes économes.

Face au changement climatique et à l’augmentation du coût économique et environnemental des intrants, l’étude des savoirs empiriques, dans la diversité de systèmes d’agriculture à travers le monde, peut enrichir la recherche vers une transition agricole.

> S’inscrire prochainement au webinaire

 

L’ACADÉMIE ET SES PARTENAIRES

 

Les Bourses 2020 du Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat attribuées à 7 jeunes chercheurs 

Début 2020, le Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat et l’Académie d’agriculture de France ont signé un partenariat sur 5 ans, pour attribuer des bourses à de jeunes chercheurs travaillant sur des thématiques appliquées à tous les domaines agronomiques : chimie biologique, microbiologie, phytopharmacie, génétique, phytotechnie, zootechnie, sylviculture, cultures spécialisées, sciences de la nutrition, statistique, sociologie agricole, nouvelles techniques de l’information et de la communication, économie.

Ces travaux doivent être tournés vers les problématiques de l’agriculture en Ile-de-France, et contribuer aux attentes des acteurs professionnels et à la promotion des produits régionaux.

Dans ce partenariat, le Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat finance les bourses (à hauteur de 2 000 € maximum chacun), et l’Académie d’agriculture de France organise la procédure de recueil et de sélection des dossiers ensuite proposés à la décision d’un jury mixte regroupant des représentants des deux organismes.

L’édition 2020 a conduit à récompenser 7 lauréats :

– Aurélie Backès : recherche sur la lutte biologique pour maîtriser l’helminthosporiose de l’orge.

– Aurélien Chuard : études des mécanismes viraux et cellulaires liés à une infection par le virus de la maladie de Marek.

– Alice Danguy des Déserts : apport de la recombinaison dans la prédiction des meilleurs croisements de blé tendre.

– Émilie Derisoud : étude des effets de la parité et de l’âge de la jument sur l’embryon, le développement foeto-placentaire, la lactation et la croissance du poulain à long terme.

– Audrey Ganteil : développement de méthodes afin de gérer la diversité génétique de populations porcines en sélection, et d’intégrer cela dans un schéma de sélection durable.

– Claire Hautefeuille: développement d’un outil d’aide à la décision pour prévenir les risques de diffusion des virus influenza aviaires hautement pathogènes en lien avec des mobilités humaines et animales afin d’informer les stratégies de surveillance et de contrôle.

– Louise Paillat : travaux sur l’optimisation du microbiote rhizosphérique, clé de voûte vers l’horticulture agroécologique.

À la demande du jury, chacun des lauréats a enregistré une courte vidéo pour se présenter et pour exposer les grands axes du travail qui lui ont valu la bourse. Ces vidéos sont consultables sur le site internet du Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat :

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Pour les Bourses 2021, les dossiers de candidature doivent parvenir avant le 15 décembre 2020. Les candidats peuvent consulter le règlement sur le site de l’Académie d’agriculture de France :

> Se connecter

Remises des prix du Concours Graines d’agriculteurs 

Ce concours est organisé par Terres Innovantes, le fonds de dotation de Jeunes Agriculteurs, et d’autres partenaires comme la Fondation Avril et le Crédit Agricole. En 2020, sa dixième édition avait pour thème « les agriculteurs cultivent leur image ».

Des agriculteurs et agricultrices récemment installés ont été récompensés pour leurs actions de sensibilisation aux enjeux et aux évolutions du métier d’agriculteur.

Le premier prix a été décerné à Adrien Gannac, producteur de citrons dans les Alpes-Maritimes, qui organise des journées portes ouvertes dans son exploitation.

Le second prix a été attribué à Muriel Landat-Pradeaux, viticultrice en Dordogne qui, lors de visites de son domaine, explique les techniques de récolte du raisin et de la vinification.

Le troisième prix a récompensé Tiphaine Chatal, éleveuse de vaches laitières dans le Morbihan, qui a créé une ferme pédagogique et accueille régulièrement des familles, des groupes scolaires, des centres de loisirs, des personnes âgées en EHPAD et des personnes en situation de handicap.

Enfin, le jury a eu « un coup de cœur » pour l’action de Lucie Gantier, éleveuse de poules pondeuses en Vendée, qui publie régulièrement des vidéos montrant au grand public son quotidien avec ses « jolies Rousses ».

Chaque lauréat a reçu un prix de 3000 euros et la cérémonie a eu lieu à l’Académie d’agriculture de France avec la participation de Julien Denormandie, ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

> Revivre l’évènement

ANALYSES DE THÈSE ET COMMUNICATIONS DE RECHERCHE DE JEUNES CHERCHEURS

Vous venez de passer votre thèse, manifestez-vous ! Vous pourrez alors candidater pour une médaille d’argent. Contactez, pour ce faire : Anne-Marie Hattenberger (am.hattenberger.alfort@wanadoo.fr)

> En savoir plus sur les thèses

Vous voulez écrire une communication de recherche si vos travaux présentent des résultats innovants et originaux. Vous trouverez les instructions rédactionnelles à respecter sur le site Internet de l’Académie.

> En savoir plus sur les communications de recherche

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Les actualités en matière de thèses :

Thèse de Charlène Rouillon : « Caractérisation des défauts cellulaires après transfert nucléaire chez le poisson rouge, et mise au point d’un nouveau modèle de cellules donneuses embryonnaires »      

Thèse analysée par Jean-Paul Renard, membre de l’Académie d’agriculture de France

Directrice de thèse : Catherine Labbé, directeur de recherche INRAE LPGP, Rennes

Co-directeur de thèse : Pierre-Yves Le Bail, directeur de recherche INRAE LPGP, Rennes

 

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Thèse de Mathieu Arnal : « Développement d’une évaluation génomique pour l’analyse de données longitudinales : application aux contrôles élémentaires chez les caprins »  

Thèse analysée par Jean-Claude Mocquot, membre de l’Académie d’agriculture de France

Directrice de thèse : Christèle Robert-Granié, directeur de recherche INRAE

Co-directrice de thèse : Hélène Larroque, ingénieur de recherche INRAE

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES AVIS, RAPPORTS, POINTS DE VUE D’ACADÉMICIENS ET NOTES ACADÉMIQUES 

Les Avis, Rapports, Points de vue d’Académiciens et Notes académiques sont les synthèses de travaux collectifs de groupes de travail issus de l’Académie d’agriculture de France ou communs à plusieurs Académies. 

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici, pour les Avis > En cliquant ici, pour les Points de vue d’Académiciens et > En cliquant ici, pour les Notes académiques.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES POTENTIELS DE LA SCIENCE POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

La rapidité des avancées scientifiques est actuellement considérable.

Ainsi, un groupe d’académiciens de différents horizons a pour mission d’étudier les nouvelles capacités de la science au profit de la production et de la qualité des produits, de leur conservation, mais aussi de la préservation de l’environnement.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici

Voici, ci-après, la présentation d’un thème qui y est développé. Nous vous indiquons le chapitre dans lequel il est classé, pour faciliter votre accès au PDF :

« Neurobiologie de la prise alimentaire »

Auparavant, l’homme adaptait sa consommation en fonction des saisons. La survie dans des conditions de disettes saisonnières récurrentes aurait sélectionné chez l’homme (et les animaux sauvages) les mécanismes physiologiques d’accumulation des réserves (graisse surtout) en période riche pour les consommer en période pauvre.

Aujourd’hui, une surabondance de nourriture et l’ignorance des rythmes biologiques entraînent une surconsommation responsable des dérèglements métaboliques.

Cette note scientifique décrit la complexité des mécanismes neurobiologiques de la prise alimentaire et démontre que les recommandations nutritionnelles devraient être adaptées à chaque individu.  

Par Monique Lavialle et Roland Salesse, directeurs de recherche honoraires

Article à consulter dans le chapitre « Futur et sécurité de l’alimentation humaine » 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES ARTICLES

Des articles portent sur des sujets très précis dans les domaines d’activités de l’Académie d’agriculture de France. Ils sont rédigés par des académiciens ou des personnalités externes présentées par un membre de la Compagnie.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici 

Voici, ci-après, la présentation d’articles récents :

Histoire de l’Académie d’agriculture avant et pendant la période révolutionnaire

L’Académie d’agriculture de France est née dans le siècle des Lumières, avec pour mission de participer au développement de l’agriculture. Cependant, comme toute institution, elle est également le reflet de son époque, ce qui peut être délicat dans les périodes révolutionnaires.

Ainsi, comme les académies, elle fut mise en danger par la Convention le 8 août l793, avant de renaître. Avec érudition, Christian Férault nous en présente le récit sous forme de 4 articles :

– De 1784 à 1788 : des années difficiles pour la Société d’agriculture (article paru le 9 juillet 2020),

– Le règlement de 1788 (article paru le 5 août 2020),

– Les nombreuses activités de la Société royale d’agriculture (article paru le 9 septembre 2020),

– La Société d’agriculture de France dans la tourmente révolutionnaire (article paru le 12 octobre 2020).

Christian Ferault, membre de l’Académie d’agriculture de France 

Sécurité alimentaire : objectif majeur de l’après-Covid

La Covid a mis en lumière, partout dans le monde, l’importance de la sécurité alimentaire et des approvisionnements. Avec l’augmentation de la population mondiale, la FAO estime que la production agricole devrait augmenter de 50% d’ici 2050, alors que le changement climatique est un obstacle supplémentaire.

Si des Etats ne peuvent assurer leur sécurité alimentaire, un grand nombre de personnes seront contraintes de vivre dans la précarité vis-à-vis de leur alimentation. Pour de nombreux pays, les transports et importations de produits agricoles sont essentiels et il est nécessaire de diversifier les sources d’approvisionnement.

En France et en Europe, la sécurité sanitaire est venue s’ajouter à la sécurité alimentaire, ainsi que de nouvelles demandes d’origine et de traçabilité des produits. André Neveu, auteur de cet article, estime que la sécurité alimentaire va se décliner sous différents aspects, selon les pays et leurs consommateurs. Mais actuellement « l’avenir que nous réserve le monde est tout, sauf prévisible ! ».

André Neveu, membre de l’Académie d’agriculture de France

Article daté du 10 septembre 2020

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LA FORÊT ET LE BOIS EN FRANCE EN 100 QUESTIONS

L’encyclopédie « La forêt et le bois en 100 questions » est née du besoin d’une meilleure information sur la forêt française et ses enjeux. Il s’agit d’une publication collective, en 10 chapitres, sous forme de fiches, dont les rédacteurs sont des membres de l’Académie ou des experts extérieurs.

Vous trouverez l’intégralité de la publication > En cliquant ici 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES REPÈRES 

Ce sont des fiches pédagogiques très synthétiques comprenant un graphique commenté qui apporte un éclairage novateur sur un sujet concernant l’agriculture.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches > En cliquant ici 

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES QUESTIONS SUR… 

Ce sont des fiches de synthèse sur des questions d’intérêt général. Elles permettent d’appréhender simplement un sujet complexe ou peu connu.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches > En cliquant ici

Quels impacts des invertébrés sur les fonctions des sols ? Quelles applications dans les systèmes sol-plante ?

La faune du sol, notamment les invertébrés (vers de terre, collemboles, nématodes…), joue un rôle très important dans le fonctionnement des sols. Les invertébrés interviennent dans l’élaboration et le maintien de la structure des sols, et participent à la mise à disposition de nutriments pour les plantes et à la régulation des bio agresseurs.

La connaissance des organismes présents dans le sol et de leurs interactions pourrait être un des piliers d’une agriculture durable. Des études sont réalisées sur les interactions entre la faune du sol et les plantes, mais leurs conclusions restent fragmentaires. Ainsi, peu d’études concernent les plantes cultivées, ou l’impact de la faune du sol sur les performances des couverts associés : plantes de couverture, mélanges d’espèces ou de variétés…, ou dans des systèmes associant des plantes pérennes et annuelles, comme en agroforesterie.

Par Mickaël Hedde, INRAE

Pourquoi remplacer le labour par du travail du sol simplifié, pour les grandes cultures en France métropolitaine

Les agriculteurs sont nombreux à choisir des techniques culturales simplifiées pour diminuer leurs charges de mécanisation et accélérer l’installation des cultures.

Ces techniques favorisent également la fertilité du sol. Le nombre plus important et la diversité des organismes augmentent l’activité biologique en surface. Enfin, par rapport au labour, les économies de carburant varient de 15 à 60 litres de fuel/ha/an. Cette fiche détaille aussi les méthodes et matériels adaptés au non-labour, et leurs effets sur les rendements.

Les principales difficultés du sans labour résident dans la maîtrise des adventices, ce qui nécessite l’utilisation d’herbicides totaux capables de détruite les plantes vivaces (chiendent, liseron, chardon, etc.).

Par Philippe Viaux, membre de l’Académie d’agriculture de France      

 EN DÉBAT…

Objectif « Zéro artificialisation nette » : quelle organisation agricole des campagnes urbaines ?

Le « zéro artificialisation nette » est un objectif de politique publique. Le gouvernement souhaite mettre en place des moyens d’action à l’échéance de 2050, afin de limiter l’étalement urbain pour protéger les terres agricoles et conserver la biodiversité.

Mais les tensions sont fortes dans les franges urbaines. Le prix faible des terres agricoles en France facilite les ventes de terrains et favorise une artificialisation accélérée en bordure de ville. Par ailleurs, les villes se sont installées sur les rives des fleuves et elles continuent bien souvent de s’étendre sur des sols fertiles et riches en biodiversité.

En conclusion de cet article, l’auteur estime que l’agriculture pourrait participer activement à la réflexion sur des projets territoriaux basés sur des stratégies alimentaires et une biodiversité fonctionnelle. Enfin, en raison de son impact majeur, l’artificialisation devrait être intégrée pleinement dans les évaluations environnementales.

Par Philippe Clergeau, membre de l’Académie d’agriculture de France

> Lire l’article en deux parties daté du 5 octobre 2020

Les applications de la découverte d’Emmanuelle Charpentier ne sont toujours pas autorisées en France

Dans European Scientist, Agnès Ricroch souligne qu’Emmanuelle Charpentier vient de recevoir le prix Nobel de chimie avec Jennifer Doudna pour leur découverte de CRISPR-Cas9. Il s’agissait au départ de travaux pour comprendre le mécanisme de défense des bactéries. Cette invention permet de cibler un gène dans un génome pour le remplacer, l’éteindre, l’activer voire d’y ajouter d’autres gènes en coupant l’ADN à un endroit spécifique. CRISPR-Cas9 permet de réaliser en quelques mois l’équivalent d’une dizaine d’années de sélection classique.

La Chine est un des premiers pays à avoir utilisé CRISPR-Cas9 pour notamment rendre des céréales résistantes au mildiou. La Chine a ainsi le leadership, et investit massivement dans ce domaine et dépose le plus grand nombre de brevets par an. En France et en Europe, cette technologie reste interdite.

Par Agnès Ricroch, membre de l‘Académie d’agriculture de France

> Lire l’article daté du 19 octobre 2020

L’agriculture extensive favorable à la biodiversité ?

Dans l’esprit de la majorité des citoyens, c’est l’agriculture intensive qui contribue à la dégradation de la biodiversité. A l’inverse, les formes d’agriculture extensive (agricultures bio, paysanne…) sont parées de toutes les vertus.

Mais est-ce si simple ?

Dans un article très argumenté, Philippe Stoop rappelle une évidence : « Par définition, une agriculture extensive produit moins d’aliments par hectare qu’une agriculture intensive. A l’échelle globale, elle nécessite donc plus de surface agricole pour nourrir l’humanité… au détriment d’espaces naturels à forte biodiversité ».

L’auteur a donc analysé les données scientifiques des différents modèles d’agriculture. Il souligne que pour le modèle intensif, les agricultures les plus favorables à la biodiversité sont l’agriculture raisonnée (où les intrants sont raisonnés au plus juste pour un rendement optimal) et son extension, l’agriculture de précision (qui tient compte des hétérogénéités intra parcellaires). On peut alors envisager de réduire les surfaces cultivées pour rétablir des milieux naturels ou semi-naturels (haies, prairies…).

Par Philippe Stoop, membre de l’Académie d’agriculture de France

> Lire l’article en deux parties daté du 19 octobre 2020

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