4 juin 2019 Cédric de Solenvie

Votre Mensuel de l’Académie d’agriculture de France n° 45 (juin 2019)

Le Mensuel

N°45 / Juin 2019

A LA UNE

A propos des controverses sur le bien-être animal

La sensibilité à l’égard du bien-être animal ne cesse d’augmenter. Il n’en existe pas de définition officielle et la porte est ouverte à des opinions divergentes. En 1965, le rapport Brambell énonçait « cinq libertés » à offrir aux animaux : absence de faim et de soif, confort physique, bonne santé et absence de blessures et de douleurs, possibilité d’exprimer le comportement normal de l’espèce, absence de peur et de détresse.

Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une définition, elles sont traditionnellement considérées comme suffisantes pour caractériser le bien-être des animaux.

Mais ces dernières années, de nouvelles expertises ont été conduites par l’Inra : douleurs animales en 2009, conscience animale en 2017. Elles ont induit l’idée que la sensibilité et la conscience doivent être toutes deux prises en compte pour définir le bien-être animal. Il en est résulté une définition proposée par l’Anses : « Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes ». Cette définition n’est pas consensuelle et suscite des critiques de la part de ceux qui doutent de la possibilité d’objectiver le « ressenti » des animaux. Pour eux, il n’est pas possible d’aller au-delà de la bientraitance, c’est-à-dire de mesures jugées favorables aux animaux, mais définies par l’homme.

La question se pose de savoir s’il est indispensable de disposer d’une définition consensuelle du bien-être animal pour mettre en œuvre celui-ci.

La réponse est, évidemment, non. Il est probable que des personnes de bonne volonté, attachées les unes à la bientraitance, les autres au « ressenti » des animaux, s’entendront lorsqu’il s’agira d’identifier ce qu’il convient de corriger et la manière de le faire.

Le ministre de l’Agriculture s’est engagé sur l’importance à donner au bien-être animal, et les organisations professionnelles agricoles déclarent partager le même point de vue. L’essentiel est donc de mettre en œuvre les mesures qui conviennent : peu importe qu’elles le soient au nom de la bientraitance ou du ressenti des animaux.

Bernard Denis, membre de l’Académie d’agriculture de France

L’INFORMATION DU MOIS

L’allergie progresse-t-elle ?

Le nombre de cas recensés (prévalence) d’asthme chez l’enfant progresse au fil des ans. Ces dernières semaines, les médias ont diffusé de nombreuses informations sur l’évolution, selon les régions, du risque d’exposition à différents types de pollens responsables d’allergie respiratoire. Le réseau national de surveillance aérobiologique soulignait dans le même temps que le réchauffement climatique et la hausse des températures conduisaient à une augmentation des quantités de pollen qui risquait de s’amplifier dans le futur. En parallèle, les espèces végétales cultivées évoluent par la sélection. La population des végétaux adventices connaît d’importantes modifications. Les polluants et contaminants de l’environnement dus à l’activité humaine évoluent en composition et en concentration. Toutes ces évolutions ont ou auront des conséquences sur l’incidence des cas d’allergie respiratoire.

L’évolution de la prévalence de l’allergie alimentaire est aussi un sujet de préoccupation très actuel. Dans son rapport de 2018, l’Anses soulignait « que les données disponibles sont actuellement insuffisantes pour conclure quant à l’évolution de la prévalence des allergies alimentaires en France. Seuls les cas d’anaphylaxie, manifestation la plus sévère de l’allergie, sont recensés, de manière non exhaustive, par le Réseau d’allergo-vigilance ». Cependant, des cas d’anaphylaxie en nombre non négligeable sont maintenant enregistrés pour des aliments (sarrasin, laits de chèvre et de brebis) qui ne figurent pas dans la liste des produits soumis à information obligatoire. On peut penser que cette évolution tient à des modifications de fréquence de consommation, donc de comportement alimentaire.

Chacun de ces domaines de l’allergie est traité au plan épidémiologique sans beaucoup de liens entre eux. Alors que les facteurs déterminant la prévalence de l’allergie changent aussi vite, il est d’autant plus important de prendre en compte l’allergie croisée, réaction vis-à-vis d’allergènes différents, par exemple entre pollens et aliments (protéine de pollens de bouleau et protéine de pommes, toutes deux de la même famille d’allergènes).

Ce contexte, remarquablement évolutif du risque allergique, suppose une mise au point de la part de l’Académie d’agriculture de France qui tiendra sur le sujet une séance hebdomadaire (#seancehebdo) le 5 juin 2019.

Gérard Pascal, membre de l’Académie d’agriculture de France

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RETOUR SUR LES PRÉCÉDENTES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

La rotation longue : pratique agricole indispensable pour une agriculture multi-performante

15 mai 2019

En 2011, une enquête du ministère de l’agriculture a recensé 5300 rotations distinctes. En grandes cultures, la plupart de ces rotations n’ont que deux à trois ans. Pour gagner en potentiel de rendement, des successions longues et diversifiées sont préférables.

Lors de cette séance, l’intérêt capital des élevages pour l’ensemble des cultures a été souligné, conduisant à renforcer les liens entre productions animales et productions végétales sur l’ensemble du territoire. L’objectif est d’accroître la fertilité des sols et les futures analyses de terre devraient permettre de mieux connaître l’activité biologique des sols.

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Pollutions environnementales : le diagnostic scientifique

22 mai 2019

Les types de pollutions concernent tous les milieux : eau, air, sols… Elles sont ponctuelles ou diffuses… rémanentes de polluants passés ou émergentes… Dans les milieux aquatiques, elles peuvent provenir de l’agriculture, mais aussi des stations d’épuration, des eaux de pluies…

Cette complexité rend les mesures difficiles, au niveau des délais de réalisation des mesures, de l’évolution des indicateurs biotiques pouvant acquérir des résistances, du changement climatique, de l’évolution de la qualité des eaux, de l’introduction de nouvelles espèces…

Pour des diagnostics, beaucoup de données manquent aujourd’hui aux scientifiques et un retour « sur le terrain » semble important pour approfondir les connaissances.

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La communication chez les végétaux : mythe ou réalité

29 mai 2019

Sous le label « Fascination of Plants Day May 2019 », journée internationale des célébrations des plantes, cette séance de l’Académie a permis de découvrir les récentes études sur les relations des arbres entre eux, par voie souterraine ou par voie aérienne.

La diversité et la richesse des systèmes de communication entre les plantes ouvrent le débat sur ce que certains appellent « l’intelligence des plantes ». Mais les végétaux sont-ils seulement sensibles ou alors intelligents ? La controverse fait rage chez les biologistes du monde végétal.

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LES PROCHAINES SÉANCES DE L’ACADÉMIE

Les séances hebdomadaires (#seanceshebdos) de l’Académie d’agriculture de France se tiennent chaque mercredi de 14h30 à 17h00 (sauf en périodes de vacances scolaires).

Elles sont gratuites et accessibles à toutes et tous. 

Ce sont des moments « d’échanges privilégiés » avec des experts de renom sur les sujets traités.  

L’agenda complet de ces #seanceshebdos est disponible > En cliquant ici 

Voici la présentation de quelques-unes de ces futures séances :

Impact de l’environnement sur le développement des allergies alimentaires

5 juin 2019

Certaines allergies progressent (Voir le chapitre « L’information du mois »). Comment se développent-elles ? Quelles sont les allergies croisées aux allergènes du pollen et des aliments ? Quel est l’impact des modifications de l’environnement sur le potentiel allergisant des végétaux ? Le réchauffement climatique induit-il une augmentation des quantités de pollen ?

Dans ce domaine complexe, il est essentiel de faire un état des lieux des nouvelles données scientifiques, mais également des recherches à entreprendre. L’objectif à terme est de pouvoir formuler des recommandations pour éviter les expositions aux risques d’allergies.

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La crise du climat, le GIEC et les agriculteurs

12 juin 2019

La synthèse des connaissances est présentée régulièrement par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

A l’heure actuelle, les politiques climatiques du monde entier, y compris celle de la France, sont loin des objectifs fixés par l’Accord de Paris en 2015. Cette séance présentera l’état actuel de notre climat en 2019, ses diverses trajectoires futures possibles, et les risques qu’elles font peser sur le secteur agricole français.

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Systèmes de production de volailles, un nouvel envol

19 juin 2019

La demande de produits de volailles, œufs et viandes, est soutenue en France et croissante au niveau mondial. On assiste au développement d’une consommation de produits transformés issus d’élevages de plus en plus standardisés et industrialisés. Parallèlement, une partie des citoyens occidentaux rejette les systèmes de production intensifs.

Cette séance abordera cette question centrale : comment la filière avicole française peut-elle à la fois répondre à une demande conventionnelle très concurrentielle et satisfaire aux nouvelles attentes sociétales ?

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Présentation, par ses auteurs, de l’ouvrage « Finance, Climat, Réveillez-vous ! »

19 juin 2019, à 13h00

Dérèglement climatique, chômage et précarité, crise financière, crise de l’Europe… Sommes-nous condamnés au chaos ? La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a aucune fatalité.

Il est temps de déclarer la guerre au dérèglement climatique, de saisir cette « chance » pour enfin mettre au monde un nouveau modèle de développement, au service de l’humanité.

Et ce livre prouve qu’il est possible de financer ce chantier colossal grâce à un Pacte européen climat-emploi. comme « l’un des cinq économistes qui avaient annoncé la crise financière ».

> En savoir plus sur cette présentation et y venir

LES INITIATIVES DES PARTENAIRES DE L’ACADÉMIE

Érosion de la biodiversité : vrai ou faux

6 juin 2019 de 8h30 à 10h00 – Paris 1er

La question de la biodiversité et de sa dégradation a pris une ampleur planétaire.

Depuis longtemps, en France métropolitaine, la biodiversité résulte d’une co-construction avec les activités humaines. L’agriculture n’est pas la seule activité concernée par la préservation de la biodiversité. La forêt, l’urbanisation, la gestion des zones marines, les transports sont aussi des acteurs majeurs de cette gestion de la biodiversité.

Cependant, les zones agricoles représentent plus de la moitié du territoire. A ce titre, le rôle de l’agriculture est prépondérant.

Cette réunion organisée par l’Association des amis de l’Académie d’agriculture de France (4AF) a pour objectif de présenter un panorama de la situation en zone agricole et de montrer qu’il existe de nombreuses pistes d’amélioration.

> En savoir plus sur ce petit-déjeuner et y venir

ANALYSES DE THÈSES ET COMMUNICATIONS DE RECHERCHE DE JEUNES CHERCHEURS

Vous venez de passer votre thèse, manifestez-vous ! Vous pourrez alors candidater pour une médaille d’argent. Contactez, pour ce faire : Anne-Marie Hattenberger (am.hattenberger.alfort@wanadoo.fr)

> En savoir plus sur les thèses

Vous voulez écrire une communication de recherche si vos travaux présentent des résultats innovants et originaux. Vous trouverez les instructions rédactionnelles à respecter sur le site Internet de l’Académie.

> En savoir plus sur les communications de recherche

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Les actualités en matière de thèses :

Thèse d’Elise Bordet : « Réponse immunitaire innée et adaptative du porc face aux virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin »

Thèse analysée par Jeanne Grosclaude, membre de l’Académie d’agriculture

Directeur de thèse : Nicolas Bertho, Chargé de recherche, Inra (U0892)

 

 

Thèse de Kouamé Fulgence Koffi : « Impact du feu sur la démographie des graminées de savane » (Lamto : Côte d’ivoire)

Thèse analysée par Bernard Saugier, membre de l’Académie d’agriculture

Directeur de thèse : Sébastien Barot, directeur de recherche, IRD

Co-directeur de thèse : Souleymane Konate, professeur à l’Université Nangui Abrogoua (Abidjan)

 

 

Thèse de Saba Keyvanshokouhi : «Projecting the evolution of soil due to global change»

Thèse analysée par Christian Feller, membre de l’Académie d’agriculture

Directeurs de thèse : Dr Sophie Cornu, Professeur Peter Finke et Dr François Lafolie

 

Thèse d’Anaïs Denardou-Tisserand : « Changement du stock de bois sur pied des forêts françaises : description, analyse et simulation sur des horizons temporels pluri décennal (1975-2015) et séculaire à partir des données de l’inventaire forestier national et des statistiques anciennes »

Thèse analysée par Jean-Luc Peyron, membre de l’Académie d’agriculture

Directeur de thèse : Jean-Luc Dupouey, directeur de recherche Inra

Co-directeur de thèse : Jean-Daniel Bontemps, directeur de recherche IGN

 

 

Thèse d’Elsa Delanoue : « Débats et mobilisations autour de l’élevage : analyse d’une controverse »

Thèse analysée par Raphaël Larrère, membre de l’Académie d’agriculture

Directrice de thèse : Véronique Van Tilbeurgh, sociologue, professeure des Universités Rennes-2

 

 

Thèse de Marianne Bernard : « Changement climatique et herbivorie : influence sur la régénération et le potentiel d’avenir des forêts mélangées »

Thèse analysée par Mériem Fournier, membre de l’Académie d’agriculture

Directrice de thèse : Sonia Saïd, Dr, HDR, Ingénieure experte ONCFS

Co-encadrants : Vincent Boulanger, Dr, Chargé de recherche et développement ONF et Xavier Morin, Dr, Chargé de recherche 1 au CEFE – CNRS UMR 5175

 

 

Thèse de Rémi Curti : « Analyse, modélisation et simulation de la coupe orthogonale du bois vert en vue de son application au fraisage par canter »

Thèse analysée par Luca Uzielli, membre de l’Académie d’agriculture

Directeur de thèse : Robert Collet, maître de conférences, (HDR), Laboratoire Bourguignon des Matériaux et Procédés (LaBoMaP), Arts et Métiers

Co-directeur de thèse : Philippe Lorong, professeur, Procédés et Ingénierie en Mécanique et Matériaux, Arts et Métiers

Co-encadrement de la thèse : Louis Denaud, maître de conférences, LaBoMaP, Arts et Métiers

 

Thèse de Jean-Pierre Perrier : « Epigénétique de la semence bovine : analyse moléculaire de la qualité de la semence et impact potentiel sur le développement embryonnaire »

Thèse analysée par Jean-Paul Renard, membre de l’Académie d’agriculture

Directeure de thèse : Hélène Jammes, directeure de recherche Inra (Biologie du développement et reproduction)

Co-encadrante : Hélène Kiefer, chargée de recherche Inra (Biologie du développement et reproduction)

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES AVIS, RAPPORTS, POINTS DE VUE D’ACADÉMICIENS ET NOTES ACADÉMIQUES 

Les Avis, Rapports, Points de vue d’Académiciens et Notes académiques sont les synthèses de travaux collectifs de groupes de travail issus de l’Académie d’agriculture de France ou communs à plusieurs Académies

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici , pour les Avis > En cliquant ici , pour les Points de vue d’Académiciens et En cliquant ici , pour les Notes académiques

Pour un meilleur pilotage du plan Ecophyto 2+

L’une des principales mesures du Grenelle de l’environnement en 2007 était le plan Ecophyto 2018 ayant pour objectif la réduction de moitié de l’usage des pesticides en 10 ans. Or ce plan a échoué. Entre 2008 et 2015, au lieu de diminuer, l’utilisation globale des pesticides a augmenté de 22% !

Dans les médias, les agriculteurs et leurs partenaires sont régulièrement désignés comme responsables de cette situation.

Plusieurs membres de l’Académie d’agriculture de France ont donc décidé d’analyser les multiples raisons de cet échec, afin que les mêmes erreurs ne soient pas reproduites dans le plan Ecophyto 2+.

« L’échec du plan Ecophyto 1 était inscrit dès le départ dans son objectif indifférencié de réduction de 50% du nombre de traitements phytosanitaires, toutes cultures confondues, et tous types de produits confondus ». Les académiciens recommandent une analyse beaucoup plus fine prenant en compte l’utilisation de pesticides au niveau de chaque culture, les incidences des variations climatiques, les possibilités de choix techniques, les conditions à réunir pour des formes d’agriculture dites intégrées, les débouchés possibles pour les agriculteurs.

Ils présentent également des suggestions importantes pour un pilotage plus efficient du plan Ecophyto et pour une révision de ses objectifs en fonction des retours d’expérience. Enfin, ils proposent de replacer Ecophyto dans le contexte global de l’agroécologie européenne, en rappelant que l’une des conditions essentielles de réussite de ce plan est la garantie d’un revenu décent pour les agriculteurs européens.

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES POTENTIELS DE LA SCIENCE POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

La rapidité des avancées scientifiques est actuellement considérable.

Ainsi, un groupe d’académiciens de différents horizons a pour mission d’étudier les nouvelles capacités de la science au profit de la production et de la qualité des produits, de leur conservation, mais aussi de la préservation de l’environnement. 

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation d’un thème qui y est développé. Nous vous indiquons le chapitre dans lequel il est classé, pour faciliter votre accès au PDF :

L’efficience de l’utilisation de l’azote par les cultures

Le manque d’azote est l’un des plus importants facteurs limitant la production agricole à l’échelle mondiale avec le déficit en eau et la faible teneur en phosphore.

L’utilisation croissante des engrais azotés de synthèse a permis une augmentation continue de la production alimentaire mondiale, mais avec des impacts importants sur l’environnement : eutrophisation des milieux aquatiques, pollution des nappes, émission d’ammoniaque et d’oxyde azoté dans l’atmosphère.

Cet article scientifique présente les mécanismes de prélèvement et d’utilisation de l’azote par les plantes. L’une des priorités serait d’améliorer les capacités des cultures à extraire l’azote du sol. C’est donc un objectif pertinent d’amélioration variétale.

Par François Gastal, directeur de recherche Inra Lusignan et Gilles Lemaire, membre de l’Académie d’agriculture

Article à consulter dans le chapitre « Nutrition, croissance et développement des plantes »

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES ARTICLES

Des articles portent sur des sujets très précis dans les domaines d’activités de l’Académie d’agriculture de France. Ils sont rédigés par des académiciens ou des personnalités externes présentées par un membre de la Compagnie.

Vous trouverez l’intégralité de leurs travaux > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques articles récents :

La disparition du buis serait un désastre écologique, économique et culturel

Vous avez du buis. S’il n’a pas été attaqué par une chenille, vous avez de la chance !

Le buis est originaire de nos contrées, du Sud-Ouest de l’Europe jusqu’au Caucase. Il est particulièrement robuste, et est utilisé depuis des siècles dans les jardins à la française.

Malheureusement, pour des raisons de coûts, les buis sont désormais élevés en pot et taillés en Chine ! Plus d’un million de plants sont ainsi importés en Europe par an. Un papillon asiatique, la pyrale du buis, a profité de ce voyage sous forme d’œufs. Les chenilles ont ensuite donné des papillons capables de voler sur plusieurs dizaines de kilomètres vers tous les buis, cultivés ou sauvages.

Détectée pour la première fois en Allemagne en 2007, la pyrale a maintenant envahi presque toute l’Europe. Les dégâts sont considérables car les chenilles sont très voraces et chaque pyrale femelle peut pondre jusqu’à 1000 œufs.

« Il convient d’agir, et vite ». C’est le message urgent que Hervé Jactel, directeur de recherche à l’Inra et membre de l’Académie d’agriculture de France, lance dans cette tribune du Monde. Il décrit des méthodes de lutte mais elles demanderont du temps. Il préconise donc « de sauvegarder le patrimoine naturel du buis en organisant des conservatoires botaniques spécifiques ».

Par Hervé Jactel, Membre de l’Académie d’agriculture de France

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LA FORET ET LE BOIS EN FRANCE EN 100 QUESTIONS

L’encyclopédie « La forêt et le bois en 100 questions » est née du besoin d’une meilleure information sur la forêt française et ses enjeux. Il s’agit d’une publication collective, en 10 chapitres, sous forme de fiches, dont les rédacteurs sont des membres de l’Académie ou des experts extérieurs.

Vous trouverez l’intégralité de la publication > En cliquant ici  

Voici, ci-après, la présentation de quelques fiches :

Quels futurs pour les forêts françaises ?

Les forêts sont d’une grande diversité par nature, par leur mode de gestion, leurs liens avec les territoires…

Mais l’ensemble du secteur forêt-bois doit faire face à des enjeux communs : climat, biodiversité, protection des sols, qualité des eaux… Dans ce domaine complexe, marqué par le temps long, l’avenir ne peut être déterminé. Mais il est possible d’explorer les futurs possibles, de façon collective et interdisciplinaire.

Cette fiche présente donc les études prospectives qui ont été conduites en France ces dernières années. Les résultats de ces études devraient servir à l’élaboration des choix politiques et stratégiques.

Par Yves Birot, membre de l’Académie d’agriculture de France

Fiche à consulter dans le chapitre « Forêts et société »

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES REPÈRES 

Ce sont des fiches pédagogiques très synthétiques comprenant un graphique commenté qui apporte un éclairage novateur sur un sujet concernant l’agriculture.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

Voici, ci-après, la présentation du contenu d’une ou plusieurs fiches:

Evolution temporelle du nombre d’espèces d’arthropodes terrestres introduites par an en Europe de 1500 à 2008

Opinion répandue :

« L’introduction d’espèces est un phénomène rare et connu de longue date. Les moyens modernes de traçabilité permettent aujourd’hui de bien le maîtriser »

L’analyse de l’Académie :

« La dispersion à longue distance d’espèces vivantes – arthropodes en particulier – sous influence humaine est un phénomène très ancien. Cependant, la dynamique de ce mouvement a été considérablement modifiée au cours des dernières décennies par l’expansion des échanges de marchandises à l’échelon international… La fréquence des introductions qui en résulte augmente le risque de voir apparaître des organismes nuisibles dangereux pour les plantes cultivées et pour l’environnement ».

De longue date, les administrations des différents pays impliqués dans les échanges commerciaux ont mis en place des structures d’inspection des marchandises.

« Malgré ces précautions, force est de reconnaître que le rythme des introductions d’espèces… s’est accru. Ce qui augmente la probabilité de dégâts résultant de nouveaux ravageurs. Et encourage à maintenir en activité une palette étendue de moyens de défense afin d’être en mesure de maîtriser les futures pullulations dommageables ».

DIFFUSION DES CONNAISSANCES

LES QUESTIONS SUR… 

Ce sont des fiches de synthèse sur des questions d’intérêt général. Elles permettent d’appréhender simplement un sujet complexe ou peu connu.

Vous trouverez l’intégralité de ces fiches en cliquant ici.

Voici, ci-après, la présentation du contenu d’une ou plusieurs fiches:

Production, consommation et échanges de viande de volailles, dans le monde

Avec 120 millions de tonnes, la viande de volaille passe en tête devant la viande porcine et devient la première viande consommée dans le monde. Les principales raisons sont les qualités nutritionnelles, l’absence d’interdit religieux et sa facilité de production dans les pays en développement.

Les échanges mondiaux concernent essentiellement des découpes de volailles standards et à ce niveau la compétitivité est déterminante : coûts du maïs, du soja, de la main d ‘œuvre…

Dans les pays développés, les attentes sociétales : bien-être animal, sans antibiotique, sans OGM… se traduisent par une segmentation des marchés. La France, avec plus de 15% de poulets Label Rouge et bio, demeure leader sur les productions de plein air.

Cette fiche a été rédigée par Pascale Magdelaine, membre de l’Académie d’agriculture de France.

Une séance hebdomadaire aura lieu sur ce thème le 19 juin 2019 à l’Académie.

A NOTER AUSSI…

L’Académie d’agriculture vous propose sur son site Internet un calendrier de l’actualité de l’agriculture, de l’environnement et de l’alimentation. Ce calendrier est mis à jour avec les événements qui sont portés à la connaissance de l’Académie.

Vous trouverez ci-dessous quelques informations d’actualité :

  • Publication de la veille du Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation – mai 2019

  • « Évaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences : trouver le chemin de la confiance » – Rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques présenté le 16 mai 2019

  • « Au-dessus des gènes : épigénétique et santé publique » – Séance de l’Académie nationale de Pharmacie – 5 juin 2019 – Paris

  • Atelier international de gastronomie moléculaire – AgroParisTech du 5 au 7 juin 2019 – Paris

  • Rendez-vous aux jardins – Musée du Vivant – AgroParisTech du 7 au 9 juin 2019 – Paris

  • « Image des mondes agricoles dans la société : l’état des chocs ? » Controverses européennes organisées par la Mission Agrobiosciences de l’Inra – du 16 au 18 juillet 2019 à Bergerac – Appel à contribution jusqu’au 14 juin 2019

  • Appel à projets de recherche Finance Climat – Ademe – date limite le 14 juin 2019

  • « Phloème : biennales de l’innovation céréalière » Cité des Sciences et de l’Industrie – 29 et 30 janvier 2020 – Paris – Clôture de l’appel à communications le 15 juin 2019

  • « Paris bien dans son assiette – Journées de l’alimentation durable » – Cycle de conférences les 17 et 18 juin 2019 – Paris

  • « Zéro artificialisation nette : comment s’y engager maintenant ? » – Colloque national organisé par le département de Loire-Atlantique – 17 juin 2019 – Nantes

  • « Et si on parlait de biocontrôle animal ? » par Agri-Sud-Ouest Innovation et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse – 18 juin 2019 – Toulouse

  • Projets Food’Inn sur des innovations liées à l’aliment et à l’alimentation, pour bénéficier d’un accompagnement sur mesure d’enseignants chercheurs d’AgroParisTech ou de l’Inra – candidatures avant le 19 juin 2019

  • Appel à des « reportages sur la santé des végétaux présentant un intérêt humain » par la FAO et la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) – date limite le 30 juin 2019

  • Concours Make IT Agri ouvert aux étudiants des grandes écoles d’ingénieurs sur des projets pour une agriculture durable – date limite de dépôt des dossiers le 15 novembre 2019

> En savoir plus sur ces informations

 LES OUVRAGES PROPOSÉS PAR L’ACADÉMIE

Vous avez apprécié un ouvrage. Pour qu’il puisse paraître dans ce chapitre, 
contactez : Christine Ledoux (
christine.ledoux@academie-agriculture.fr)

Les ouvrages présentés sur le site Internet de l’Académie d’agriculture de France ont été lus très attentivement par un Académicien. Vous disposez ainsi d’une analyse, qui vous permettra de mieux appréhender son contenu et connaître tout ce qu’il peut vous apporter.

> En savoir plus

Le programme pour bien nourrir votre cerveau

Vous voulez que votre cerveau fonctionne à plein régime et tirer le meilleur parti de vos capacités de concentration, d’attention et d’action ?

Pour rédiger ce livre simple et pédagogique, Jean-Marie Bourre, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie d’agriculture de France, s’est appuyé sur les dernières connaissances scientifiques, et en particulier, les effets de l’alimentation sur le cerveau.

« Le levier le plus important pour maintenir votre cerveau en bonne santé, mais aussi le plus accessible et sans doute le plus agréable, est donc votre alimentation » nous rappelle Jean-Marie Bourre.

On peut ajouter que « bien nourrir notre cerveau » commence par la lecture de ce livre !

> Lire l’analyse de l’ouvrage au sein de l’Académie

Manager une entreprise agricole durable

Ce livre s’adresse à l’entrepreneur agricole, qu’il soit céréalier, éleveur, viticulteur, maraîcher, arboriculteur, horticulteur…, qui souhaite contribuer au développement durable de la société.

Il faut donc, au niveau de son exploitation, faire des choix éclairés pour protéger la ressource en eau, les paysages, limiter les émissions de gaz à effet de serre, séquestrer le carbone, produire de l’énergie renouvelable.

Cet ouvrage est un guide, personnel et professionnel, « pour un démarche entrepreneuriale responsable, rémunératrice et résiliente ».

> Lire l’analyse de cet ouvrage par un membre de l’Académie d’agriculture de France

Vivre et travailler en forêt au Maghreb – Regards croisés

L’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont un passé commun avec la France depuis le 19e siècle.

Dans chaque pays, les forestiers travaillent sur le temps long. Ce sont des personnes de mémoire qui partagent les mêmes responsabilités. C’est ainsi qu’ils ont été parmi les premiers professionnels à se regrouper au sein d’organisations internationales.

Après un rappel historique, cet ouvrage attractif et précis présente également plus d’une vingtaine de témoignages de forestiers algériens, français, marocains et tunisiens. Ils expriment conjointement leur fierté d’accomplir leur mission « de protection et de développement des ressources naturelles ».

> Lire l’analyse de cet ouvrage par un membre de l’Académie d’agriculture de France

 EN DÉBAT…

Variété de blé Renan : OGM ou pas ?

Le débat n’est pas nouveau. La variété de blé Renan, très utilisée en agriculture biologique en France et en Allemagne, est-elle génétiquement modifiée ?

Il est légitime que cette variété soit largement utilisée par les agriculteurs bio. En effet, elle présente des résistances à différentes maladies : la rouille jaune, la rouille noire, la rouille brune, le piétin-verse, l’oïdium, la fusariose. Pourtant, la plupart des gènes de résistance sont issus de l’espèce Aegilops ventricosa, qui ne se croise pas avec le blé tendre.

André Gallais, professeur honoraire de génétique et d’amélioration des plantes, membre de l’Académie d’agriculture, revient sur l’historique de la création de cette variété dans le courrier des lecteurs paru dans la France Agricole du 17 mai 2019.

Mais OGM ou pas, l’important n’est-il pas que les agriculteurs bio puissent cultiver une variété et les variétés qui en sont issues en bénéficiant des gènes de résistance d’une graminée sauvage faisant partie des ancêtres du blé ?

> Lire l’article

Les techniques de mise en œuvre du bois dans les charpentes de cathédrales : pertinence et innovations

Le précédent numéro du mensuel N° 44 de mai 2019 présentait le point de vue de membres de l’Académie d’agriculture de France sur la possibilité de reconstruire en bois la charpente de Notre-Dame de Paris. En effet, il y a débat sur les matériaux à utiliser.

Le 23 mai 2019, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) organisait une séance plénière sur l’apport des sciences et technologies à la restauration de Notre-Dame de Paris. Bernard Thibaut, membre de la section « Forêts et filière bois » de l’Académie d’agriculture est intervenu sur « les techniques de mise en œuvre du bois dans les charpentes de cathédrales : pertinence et innovations ». Un exposé dense, clair et riche d’informations pour tous les non-spécialistes. Cette présentation montre que le bois, innovation majeure du monde végétal de 300 millions d’années, est « un matériau sophistiqué résolument moderne ».

En effet, grâce à sa structure interne, le bois est le plus léger des matériaux utilisables pour des poutres en flexion et le plus résistant à la fatigue mécanique. De plus, les innovations technologiques permettent de sélectionner avant abattage les arbres qui possèdent les qualités les plus recherchées pour une charpente comme celle de Notre-Dame de Paris.

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Sources photographiques : Bernard Denis, Gérard Pascal, Pleinchamp.com, Le Progrès, Datasanté, Réussir, Eure-Actu.fr, Oiseaux.net, Terre-net, menilles.fr, Forêts et bois de l’Est-Actu, éditions Odile Jacob, éditions France agricole, L’Harmattan

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